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GÉNÉRALISTE

Une espérance de vie à la baisse aux États-Unis, mais pourquoi?

Source unique·28 sept.

L’espérance de vie aux États-Unis, autrefois un indicateur de prospérité pour le pays le plus riche du monde, s’inscrit désormais dans une trajectoire inversée par rapport aux autres nations développées. Ce déclin, qui s’aggrave depuis les années 2010, révèle des failles structurelles profondes : un système de santé inégalitaire, une crise des opioïdes dévastatrice et des conditions de vie qui se dégradent, surtout pour les jeunes adultes. Au-delà des chiffres, c’est une remise en cause du modèle américain qui se dessine, où la richesse économique ne se traduit plus par une santé publique robuste.

Quels sont les principaux facteurs explicatifs du déclin de l’espérance de vie aux États-Unis selon l’étude citée ?

L’étude de Steven Woolf identifie plusieurs causes majeures : d’abord, l’augmentation des décès par surdoses d’opioïdes, particulièrement marquée chez les 25-44 ans, où le taux de mortalité a bondi de 71 % entre 2010 et 2021. Ensuite, l’émergence précoce de maladies liées à l’hypertension, aux troubles métaboliques ou à l’alcoolisme, ainsi qu’une hausse des suicides chez les jeunes. Enfin, l’auteur souligne deux facteurs systémiques : l’absence d’un système universel d’assurance-maladie et la persistance d’inégalités sociales extrêmes, qui limitent l’accès aux soins et dégradent les conditions de vie.

Pourquoi les États-Unis se distinguent-ils des autres pays riches dans ce déclin, malgré leur statut de première puissance économique ?

Contrairement à la plupart des pays développés, les États-Unis cumulent deux particularités structurelles : un système de santé fragmenté et inégalitaire, où l’accès aux soins dépend largement des revenus, et une pauvreté plus marquée qu’ailleurs, avec des répercussions directes sur la santé (alimentation, logement, prévention). Ces inégalités créent des conditions de vie précaires qui se traduisent par une mortalité accrue, même à des âges relativement jeunes, là où d’autres pays riches protègent mieux leurs populations vulnérables.

Comment la pandémie de COVID-19 a-t-elle aggravé cette tendance, et pourquoi les experts sous-estiment-ils son impact prolongé ?

La COVID-19 a révélé la vulnérabilité du système de santé américain, avec des taux de décès parmi les plus élevés des pays riches à plusieurs reprises. Mais son impact va au-delà des morts directes : les experts tablaient sur un rebond en 2022 grâce aux vaccins et à l’expérience acquise, mais la persistance des décès (notamment par surdoses) et l’émergence de nouvelles vagues ont prolongé la crise. Les États-Unis ont ainsi payé un double tribut : une mortalité directe élevée et une aggravation des crises sanitaires préexistantes, comme l’épidémie d’opioïdes.

Ce que ça pourrait changer

Ce déclin de l’espérance de vie aux États-Unis pourrait, à terme, éroder la confiance dans le modèle économique et social américain, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Il pose aussi la question de la soutenabilité d’un système où la richesse ne garantit plus une santé publique de qualité, avec des risques de fractures sociales accrues et une polarisation des débats sur les politiques sociales. Enfin, ce phénomène pourrait inspirer des réformes ou, au contraire, servir de repoussoir pour des modèles alternatifs ailleurs dans le monde.

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