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CULTURE

La ménopause : le dernier combat féministe ?

Source unique·4 sept.

La ménopause, souvent réduite à une simple fin biologique, incarne en réalité une métamorphose profonde aux répercussions physiques, psychiques et sociales. Gloria Origgi, philosophe et chercheuse au CNRS, interroge dans son dernier ouvrage la manière dont cette période, encore largement ignorée par le féminisme et la médecine, redéfinit le rapport au corps, au temps et à l’identité des femmes, révélant ainsi les angles morts d’une société qui peine à penser le vieillissement féminin autrement que par l’effacement.

Pourquoi la ménopause reste-t-elle une période aussi peu théorisée, y compris dans les courants féministes ?

Gloria Origgi souligne que cette méconnaissance s’enracine dans une vision réductrice de la ménopause, cantonnée à la perte de fertilité et à l’arrêt des règles, alors qu’elle engage une transformation globale de l’existence. Le féminisme, centré sur des combats comme l’accès à la contraception ou la lutte contre les violences sexistes, aurait ainsi négligé cette étape, perçue comme une issue plutôt qu’un processus à part entière, voire comme un symbole de déclin plutôt que de renouvellement.

Quels sont les effets concrets — au-delà des symptômes physiques — que la ménopause peut avoir sur la perception de soi et les relations sociales ?

Origgi met en lumière des bouleversements moins visibles : une remise en question de l’image corporelle, une redéfinition des rôles sociaux (notamment professionnels), ou encore une reconfiguration des liens affectifs. La ménopause peut ainsi devenir un miroir des attentes sociales envers les femmes, où la jeunesse et la productivité restent des normes dominantes, rendant cette transition d’autant plus difficile à vivre dans une société qui valorise la performance et la jeunesse.

Comment la médecine aborde-t-elle — ou non — la ménopause, et quelles en sont les conséquences pour les femmes ?

L’article révèle une prise en charge médicale souvent parcellaire, centrée sur les symptômes physiques (bouffées de chaleur, etc.) au détriment des dimensions psychiques ou sociales. Cette approche fragmentée reflète une vision biomédicale qui isole la ménopause de son contexte existentiel, privant les femmes d’un accompagnement global et contribuant à une invisibilisation de leurs difficultés.

Ce que ça pourrait changer

Repenser la ménopause comme un phénomène culturel et existentiel plutôt que biologique pourrait transformer les politiques de santé publique, les représentations médiatiques et les luttes féministes. Cela impliquerait de reconnaître cette période non comme une fin, mais comme une étape à part entière, susceptible de redéfinir les rapports de genre et les normes de vieillissement. À l’inverse, son occultation risque de perpétuer des stéréotypes délétères, où les femmes en ménopause seraient soit invisibilisées, soit réduites à des figures de fragilité ou de sagesse stéréotypées.

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