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ÉCONOMIE

Arménie : malgré la perte du Haut-Karabagh, la longévité de Pachinian

Source unique·il y a 10 j

La longévité politique de Nikol Pachinian en Arménie, malgré la perte du Haut-Karabagh et un contexte géopolitique défavorable, interroge sur les ressorts d’une gouvernance qui mise sur la croissance économique et le recentrage occidental. Comment un dirigeant affaibli par une défaite militaire majeure parvient-il à maintenir son pouvoir, et quels sont les risques d’un tel virage stratégique ?

Pourquoi Nikol Pachinian a-t-il conservé son pouvoir après la perte du Haut-Karabakh et la défaite face à l'Azerbaïdjan ?

Pachinian a maintenu son assise électorale en capitalisant sur deux leviers : d’abord, une promesse inédite de paix, évitant l’envoi de jeunes Arméniens au front, alors que les gouvernements précédents étaient associés à des conflits prolongés. Ensuite, il a mis en avant des réalisations matérielles tangibles, comme le programme d’investissement dans les écoles et les infrastructures, ainsi qu’une croissance économique portée par l’arrivée de capitaux et de travailleurs russes après 2022. Enfin, l’opposition reste fragmentée, affaiblie par des divisions internes et des poursuites judiciaires contre ses figures, sans leader capable de fédérer un contre-pouvoir crédible.

Quel rôle a joué la Russie dans la chute du Haut-Karabakh et comment Pachinian a-t-il réagi à cette défaillance ?

La Russie, garante des accords de cessez-le-feu de 2020, n’est pas intervenue lors du blocus puis de l’offensive azérie en septembre 2023 contre le Haut-Karabakh, malgré les demandes arméniennes. Cette passivité, perçue comme une sanction contre le rapprochement de Pachinian avec l’Occident ou comme une conséquence de l’engagement russe en Ukraine, a discrédité Moscou aux yeux des Arméniens. Pachinian a alors accéléré le désengagement de l’Arménie vis-à-vis de l’OTSC et de l’Union économique eurasiatique, tout en se tournant vers Bruxelles et Washington pour sécuriser de nouveaux partenariats.

Quels sont les indicateurs économiques et sociaux mis en avant par le gouvernement Pachinian pour justifier sa légitimité ?

Le gouvernement souligne une baisse officielle de la pauvreté, passée de 27 % en 2020 à 21,7 % en 2024 selon ses données, ainsi qu’une croissance économique soutenue depuis 2022, portée par l’afflux de capitaux et de travailleurs russes. Les dépenses publiques dans l’éducation ont presque triplé entre 2018 et 2025, avec plus de 300 écoles et 500 jardins d’enfants rénovés ou construits. Cependant, la Banque mondiale estime que deux tiers de la population restent en situation de pauvreté ou de vulnérabilité, révélant des inégalités persistantes malgré ces avancées.

Ce que ça pourrait changer

Le virage occidental de l’Arménie pourrait renforcer sa résilience face aux pressions azéries et russes, mais il expose le pays à une dépendance accrue envers les États-Unis et l’Union européenne, avec des risques de tensions internes ou de déséquilibres économiques. La normalisation avec l’Azerbaïdjan, bien que présentée comme une priorité, reste incertaine sans garanties sécuritaires tangibles, tandis que la question du Haut-Karabakh pourrait resurgir comme un sujet de division politique.

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