« Vous êtes russes maintenant » : des Ukrainiens formés pour devenir soldats
La militarisation précoce des enfants ukrainiens dans les territoires occupés, notamment en Crimée, révèle une stratégie russe visant à façonner une identité nationale exclusive dès l’école. Ce processus, qui combine endoctrinement et formation militaire, s’inscrit dans une dynamique de contrôle territorial et de transformation des populations, tout en suscitant une mobilisation internationale pour le retour des déportés.
Comment la Russie organise-t-elle la militarisation des enfants ukrainiens dans les territoires occupés ?
Dès l’école primaire, des programmes de cadets sont mis en place, incluant des entraînements militaires comme le maniement d’armes, la marche au pas ou les soins d’urgence. Ces dispositifs, instaurés dès 2020 en Crimée, visent à préparer les jeunes à un enrôlement forcé dans l’armée russe une fois leur majorité atteinte.
Quels sont les risques encourus par les jeunes Ukrainiens refusant cette militarisation ?
Les hommes de 18 ans risquent une conscription quasi immédiate dans l’armée russe. Pour y échapper, certains, comme Matvii Chos, s’inscrivent dans des universités russes ou fuient le pays avec l’aide d’organisations ukrainiennes, mais ces stratégies restent limitées face à la pression systémique exercée par les autorités.
Quelle a été la réaction de la communauté internationale face à ces pratiques ?
Lors de la conférence Voies vers la paix à Toronto le 29 septembre, 50 pays ont exprimé leur préoccupation et appelé au retour immédiat, sûr et inconditionnel des enfants ukrainiens déportés en Russie, sans pour autant formuler d’exigences contraignantes.
Ce que ça pourrait changer
Cette militarisation systématique pourrait renforcer les divisions identitaires en Ukraine et alimenter un cycle de violence durable, tandis que l’échec des mécanismes de rapatriement risque d’accroître la radicalisation des populations concernées. Par ailleurs, la mobilisation internationale, bien que symbolique, pourrait servir de levier pour une pression diplomatique accrue sur Moscou.

