Ces incroyables vestiges vieux de 60.000 ans révèlent une facette méconnue des Néandertaliens
La découverte de vestiges en bois vieux de 60 000 ans sur le site catalan d’Abric Romaní bouscule l’image traditionnelle des Néandertaliens, cantonnés jusqu’ici à l’usage d’outils en pierre. Ces artefacts révèlent une maîtrise insoupçonnée du travail du bois, suggérant une complexité technologique et culturelle bien plus grande que ce que les préjugés paléolithiques laissaient entrevoir. L’enjeu n’est pas seulement archéologique : il invite à repenser la place de ces hominidés dans l’histoire de l’innovation humaine.
Quels types d’objets en bois ont été identifiés sur le site d’Abric Romaní et que révèlent-ils sur les Néandertaliens ?
Parmi les 597 vestiges et empreintes de bois découverts, seuls treize présentent des traces de façonnage intentionnel. Les chercheurs ont identifié deux lances en bois, dont une avec des traces d’affûtage, ainsi que des possibles récipients en écorce et des poteaux soutenant une plateforme pour la préparation alimentaire. Ces découvertes montrent que les Néandertaliens combinaient différents matériaux dans leur quotidien, bien au-delà de l’usage du bois comme simple combustible.
Pourquoi ces vestiges en bois sont-ils si rares dans les fouilles archéologiques, et comment ont-ils été préservés à Abric Romaní ?
Le bois, matériau organique, se décompose généralement avec le temps, ce qui rend ses vestiges exceptionnellement rares. À Abric Romaní, l’accumulation de carbonate de calcium autour des objets a créé des moules naturels, conservant des empreintes de bois décomposé. Cette préservation exceptionnelle a permis aux chercheurs d’étudier la structure interne du bois et d’analyser son utilisation sur seize niveaux archéologiques.
Quels autres artefacts ont été retrouvés à proximité des vestiges en bois, et que suggèrent-ils sur les activités des Néandertaliens ?
Des ossements d’animaux, des outils en pierre et des foyers ont été découverts à proximité des vestiges en bois. Leur présence, combinée aux objets en bois, permet de reconstituer comment les Néandertaliens utilisaient les ressources disponibles dans leur vie quotidienne, notamment en associant outils, matériaux et feu pour leurs activités.
Ce que ça pourrait changer
Cette découverte pourrait conduire à une réévaluation des capacités technologiques et culturelles des Néandertaliens, souvent sous-estimées en raison du manque de traces organiques. Elle invite aussi à interroger la manière dont l’archéologie privilégie certains types de vestiges (comme la pierre) au détriment d’autres, potentiellement plus révélateurs de comportements complexes. Enfin, elle souligne l’importance de préserver des sites comme Abric Romaní, où des conditions géologiques rares permettent de documenter des aspects méconnus de notre passé.

