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SOCIÉTÉ

Trouble de l'attention ou de la motivation? Le TDAH pourrait avoir été mal compris pendant des décennies

Source unique·1 oct.

Le TDAH, longtemps réduit à un simple déficit de l'attention, serait en réalité une remise en cause de notre compréhension des mécanismes cérébraux de l'engagement soutenu. Entre explosion des diagnostics en France et remises en question par la recherche, ce trouble interroge moins la capacité à filtrer les distractions que la valeur perçue des tâches à accomplir. Une révision des paradigmes médicaux pourrait ainsi bouleverser les approches thérapeutiques et sociales d'un trouble aujourd'hui au cœur de débats épidémiques.

Quelle nouvelle interprétation du TDAH émerge des recherches récentes, notamment celle publiée dans Cell en 2025 ?

Les travaux de 2025 suggèrent que le TDAH ne serait pas tant un trouble de l'attention qu'un déficit de l'engagement soutenu : la difficulté à maintenir un intérêt prolongé pour une tâche, indépendamment de la capacité à ignorer les distractions. Les médicaments comme la Ritaline agiraient davantage sur la motivation et la perception de la valeur des activités que sur les réseaux neuronaux dédiés à l'attention pure.

Pourquoi le diagnostic du TDAH suscite-t-il autant de controverses en France, où les prescriptions de psychostimulants ont augmenté de 154 % en cinq ans ?

L'explosion des diagnostics et des prescriptions soulève deux interrogations : d'une part, une meilleure reconnaissance d'un trouble longtemps sous-diagnostiqué, notamment chez les adultes ; d'autre part, le risque d'une dilution du diagnostic, où des difficultés quotidiennes (organisation, motivation) seraient médicalisées à outrance. Le débat oppose ainsi progrès et inflation dans la définition du trouble.

Quels groupes de patients risquent d'être exclus par une définition trop restrictive du TDAH centrée sur l'attention ?

Les personnes souffrant d'ennui chronique, d'instabilité émotionnelle ou d'une incapacité à démarrer des projets sans pression externe pourraient ne pas être diagnostiquées, alors même qu'elles présentent des symptômes compatibles avec un trouble de l'engagement. Une approche centrée sur l'attention seule risque de négliger des profils où la motivation et la valorisation des tâches sont au cœur du problème.

Ce que ça pourrait changer

Cette réorientation des recherches pourrait conduire à des traitements plus ciblés, intégrant des approches non médicamenteuses (thérapies motivationnelles, gestion des émotions) et à une reconnaissance accrue de formes atypiques de TDAH. Elle invite aussi à une vigilance critique face à la médicalisation de difficultés ordinaires, où la frontière entre pathologie et adaptation sociale reste floue.

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