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DROIT

Violences contre les femmes âgées : un fléau largement ignoré

Source unique·il y a 8 j

Le vieillissement démographique s’accompagne d’une violence spécifique et systématiquement sous-estimée à l’encontre des femmes âgées, dont les abus sont à la fois invisibilisés par l’âgisme et le sexisme. Alors que 664 millions de femmes avaient 60 ans ou plus en 2025, leur exclusion des politiques de protection révèle une faille structurelle dans la lutte contre les violences faites aux femmes, où l’autonomie et la dignité deviennent des variables dépendantes de la dépendance économique et sociale.

Quels mécanismes rendent les violences contre les femmes âgées particulièrement difficiles à identifier et à sanctionner ?

L’article souligne que ces violences sont rendues invisibles par la conjugaison de l’âgisme et du sexisme, qui les présentent comme une conséquence inévitable du vieillissement plutôt que comme des actes répréhensibles. Les statistiques, centrées sur les femmes en âge de procréer, excluent systématiquement les femmes de 50 ans et plus, privant les autorités de données exploitables pour agir. Enfin, les formes de violence évoluent avec l’âge (privation de soins, confiscation de biens, abandon) et se produisent dans des espaces comme les EHPAD ou les prisons, où les mécanismes de signalement sont défaillants ou inexistants.

Qui sont les femmes âgées les plus exposées aux violences selon le rapport de l’ONU ?

Le rapport met en lumière les vulnérabilités spécifiques des veuves, des migrantes, des femmes apatrides, des personnes handicapées ou vivant en milieu rural. Les crises humanitaires et les conflits armés aggravent ces risques en fragilisant les réseaux familiaux et les systèmes de protection. Les femmes pauvres, isolées ou dépendantes sont également particulièrement ciblées, notamment face aux décisions médicales en fin de vie, où leur besoin d’assistance peut être perçu comme un fardeau par leur entourage.

Pourquoi les dispositifs de plainte et de justice restent-ils inaccessibles pour une grande partie des victimes ?

Les obstacles sont multiples : difficultés de déplacement, dépendance financière à l’égard de l’agresseur, isolement social, méconnaissance des dispositifs existants ou exclusion numérique. Dans certains cas, dénoncer son agresseur équivaut à perdre la personne qui assure les soins quotidiens, ce qui dissuade toute démarche. Les structures comme les EHPAD ou les prisons, où les violences sont fréquentes, ne disposent souvent pas de mécanismes adaptés pour recueillir les plaintes ou protéger les victimes.

Ce que ça pourrait changer

Ce que ça pourrait changer dépendra de la capacité des États à intégrer explicitement les violences contre les femmes âgées dans leurs législations et à améliorer la collecte de données désagrégées par âge. Une meilleure formation des professionnels (policiers, magistrats, soignants) et des politiques publiques ciblant l’autonomie des femmes âgées (pensions, logement, accès aux soins) pourraient briser le cycle de la dépendance et de l’impunité. Sans cela, l’invisibilisation actuelle risque de s’aggraver avec le vieillissement démographique, normalisant des abus sous couvert de fatalité.

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