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GÉOPOLITIQUE

Face à l’insécurité dans les transports, le Bangladesh crée des “bus roses” réservés aux femmes

Source unique·il y a 10 j

Le Bangladesh a lancé en août 2026 des bus roses réservés aux femmes pour répondre à l’insécurité persistante dans les transports en commun, un fléau documenté par 87 % des femmes interrogées en 2022. Si cette initiative politique vise à symboliser une réponse concrète aux violences de genre, elle soulève des questions sur son efficacité réelle et ses effets pervers, entre mesure cosmétique et outil de communication gouvernementale.

Quels sont les chiffres clés illustrant l’insécurité des femmes dans les transports bangladais ?

Un sondage de 2022 révèle que 87 % des femmes bangladaises déclarent avoir subi au moins une fois du harcèlement, tandis que 36 % affirment être régulièrement confrontées à des violences sexuelles dans les transports publics. À Dacca, 1,9 million de personnes utilisent quotidiennement les bus, où les cas de frotteurs et d’agressions verbales sont fréquents.

Qui sont les acteurs impliqués dans le déploiement des bus roses et quels sont leurs objectifs ?

La Société nationale des transports routiers du Bangladesh (BRTC) a mis en service 14 bus roses — 10 à Dacca, 2 à Chittagong et 2 à Bogra — conduits exclusivement par des femmes. Le gouvernement présente cette mesure comme une promesse électorale visant à offrir des transports plus confortables et sans risque, tout en féminisant des emplois traditionnellement masculins.

Pourquoi les bus roses suscitent-ils des critiques malgré leur lancement ?

Avec seulement 134 arrêts desservis (dont 106 à Dacca) pour 14 bus, le service reste marginal face à l’ampleur des besoins. Des universitaires et médias comme le Daily Star ou le Dhaka Tribune dénoncent une mesure insuffisante, risquant d’aggraver les inégalités d’accès aux transports plutôt que de les résoudre, sans cadre pour lutter contre les causes structurelles du harcèlement.

Cette initiative s’inscrit-elle dans une démarche inédite au Bangladesh ?

Non, le Bangladesh a déjà expérimenté des services de bus réservés aux femmes par le passé, notamment dans les années 1980, sans succès durable. L’affaire du viol collectif et du meurtre d’une étudiante en 2017 dans un bus interurbain avait déjà révélé l’ampleur du problème, poussant à des mesures symboliques sans transformation systémique.

Ce que ça pourrait changer

Si les bus roses pourraient offrir une solution temporaire à certaines femmes, leur impact limité risque de renforcer les clivages de genre dans l’espace public. À plus long terme, cette mesure interroge la capacité des gouvernements à concilier symboles politiques et actions structurelles pour lutter contre les violences faites aux femmes, surtout dans des contextes urbains denses comme Dacca.

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