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GÉNÉRALISTE

Notre mode de scrutin fonctionne-t-il encore?

Source unique·il y a 8 j

Les dernières élections québécoises ont révélé une fois de plus les limites du mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour, où la distorsion entre le vote populaire et la représentation parlementaire atteint des proportions inédites depuis 2012. Alors que le Parti québécois (PQ) obtient 59 sièges avec seulement 28,02 % des voix, la question d’une réforme électorale resurgit, mais se heurte à des réalités politiques et institutionnelles bien ancrées. Entre promesses non tenues et inertie gouvernementale, l’enjeu dépasse la simple équité électorale pour interroger la légitimité même du système démocratique québécois.

Quelle est l’ampleur des distorsions électorales observées lors des dernières élections au Québec ?

Le Parti québécois a remporté 59 sièges à l’Assemblée nationale avec 28,02 % des voix, un record depuis son arrivée au pouvoir en 2012 avec 32 % des suffrages et 54 sièges. Québec solidaire (QS), avec 12,43 % des voix, a obtenu 9 députés, tandis que la Coalition avenir Québec (CAQ), malgré 13,35 % des suffrages, n’a fait élire aucun candidat. Ces écarts illustrent une distorsion structurelle du système actuel, où la concentration des voix dans certaines circonscriptions prime sur le vote populaire global.

Quels acteurs politiques ont historiquement porté le débat sur la réforme du mode de scrutin au Québec ?

La Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) ont tous trois promis une réforme du mode de scrutin, notamment en signant une entente commune. Pourtant, aucun de ces partis n’a concrétisé cet engagement une fois au pouvoir. François Legault, alors premier ministre, avait déposé un projet de loi en 2019, mais l’a abandonné en 2021 en le qualifiant de non prioritaire pour les Québécois.

Pourquoi une réforme du mode de scrutin semble-t-elle improbable à court terme malgré les critiques ?

Les experts interrogés, comme André Lamoureux et Julien Verville, soulignent que le contexte politique actuel, marqué par un gouvernement minoritaire et une instabilité institutionnelle, ne favorise pas une réforme électorale. De plus, le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour a tendance à produire des gouvernements majoritaires, ce qui réduit l’incitation des partis au pouvoir à modifier un système qui leur est avantageux.

Ce que ça pourrait changer

Une réforme du mode de scrutin pourrait, à terme, rééquilibrer la représentation parlementaire et renforcer la légitimité des institutions, mais elle se heurte à des obstacles politiques majeurs. Sans pression citoyenne durable ou consensus transpartisan, le statu quo risque de persister, malgré les frustrations électorales croissantes. La question dépasse le cadre technique pour toucher à la crédibilité même du système démocratique québécois.

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