La nouvelle entente de Churchill Falls prévoit 40 % d’électricité en plus au Québec
L’entente renouvelée entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador sur le complexe hydroélectrique de Churchill Falls marque un tournant dans la gestion des ressources énergétiques canadiennes. En augmentant de près de 40 % l’approvisionnement québécois en électricité, cette nouvelle configuration redéfinit les équilibres économiques et politiques entre les provinces, tout en posant des défis de gouvernance et de légitimité autochtone. L’ajout d’un volet éolien et la sécurisation des approvisionnements jusqu’en 2077 révèlent une stratégie énergétique plus diversifiée, mais dont les modalités restent à préciser.
Quels sont les gains concrets pour le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador dans cette nouvelle entente ?
Le Québec voit sa dotation en électricité passer de 7 200 à 10 000 mégawatts, soit une hausse de 40 %, tandis que Terre-Neuve-et-Labrador obtient entre 2 350 et 3 000 mégawatts, contre 1 900 prévus initialement. Ces augmentations s’accompagnent d’une sécurisation des approvisionnements jusqu’en 2077, contre 2041 dans l’entente précédente.
Qui a mené les négociations et quel rôle a joué le gouvernement fédéral ?
Les négociations ont été menées directement par Hydro-Québec, et non par le gouvernement québécois, avec un soutien actif du gouvernement fédéral. Ottawa a notamment facilité l’accord en offrant des compensations économiques à Terre-Neuve-et-Labrador et en maintenant un crédit d’impôt pour la production d’électricité, renforçant ainsi la légitimité de l’entente.
Pourquoi l’ajout d’un volet éolien dans cette entente est-il significatif ?
L’inclusion d’une production éolienne marque une rupture avec l’entente de principe de 2024, où cette source d’énergie n’était pas mentionnée. Elle s’inscrit dans la stratégie d’Hydro-Québec, qui a déjà annoncé des projets éoliens pour 12 500 mégawatts supplémentaires, en partenariat avec des Premières Nations et des municipalités.
Quel obstacle persiste pour la réalisation de ce projet et pourquoi ?
L’obtention de l’aval des Innus du Labrador reste un défi majeur. Malgré un protocole d’entente signé avec la Première Nation de Sheshatshiu, un référendum doit encore être organisé après une élection dans le conseil de bande. Les Innus ont déjà manifesté leur opposition au projet de Gull Island, ce qui pourrait retarder ou compromettre sa mise en œuvre.
Ce que ça pourrait changer
Cette entente pourrait accélérer la réalisation du Plan 2035 d’Hydro-Québec et son objectif de doubler sa production d’ici 2050, tout en renforçant la position du Québec comme acteur clé de l’énergie renouvelable au Canada. Cependant, les tensions avec les communautés autochtones et l’absence de précisions sur les modalités techniques ou financières laissent planer des incertitudes sur la faisabilité à long terme. La réussite de ce projet dépendra aussi de la capacité des deux provinces à maintenir une collaboration stable, malgré leurs intérêts divergents historiques.

