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DROIT

Soudan : le soutien extérieur alimente la guerre, les civils paient le prix

Source unique·il y a 17 j

Le conflit au Soudan illustre une dynamique géopolitique où l’intervention extérieure, loin de stabiliser la région, alimente une guerre de plus en plus sophistiquée et meurtrière pour les civils. Le dernier rapport de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits pour le Soudan révèle comment des réseaux transnationaux, impliquant des États et des acteurs privés, transforment un conflit interne en une machine de guerre aux conséquences humanitaires désastreuses, remettant en cause l’efficacité des mécanismes internationaux de régulation.

Quels acteurs étrangers sont directement impliqués dans le conflit soudanais selon le rapport ?

Le rapport identifie des anciens militaires colombiens, jusqu’à 2 000, recrutés comme contractuels pour combattre aux côtés des Forces de soutien rapide (FSR), ainsi que des entreprises privées et des intermédiaires logistiques opérant depuis la Colombie et les Émirats arabes unis. Des drones et équipements militaires auraient également été fournis aux deux camps par des réseaux transnationaux, avec des points de transit situés au Tchad, dans le sud-est de la Libye et à Bosaso en Somalie.

Quelles méthodes de guerre ont été documentées comme ciblant spécifiquement les civils ?

Les enquêteurs ont recensé des attaques contre des habitations, hôpitaux, écoles, marchés et lieux de refuge, ainsi que des frappes de drones ayant causé des centaines de morts, dont une majorité d’enfants. À Kalogi (Kordofan du Sud), 114 personnes, dont environ 60 enfants, ont été tuées par des frappes attribuées aux FSR. Des infrastructures essentielles comme les réseaux électriques et les hôpitaux ont également été détruits, aggravant les crises humanitaires.

Pourquoi la Mission insiste-t-elle sur la responsabilité élargie des États dans ce conflit ?

La Mission souligne que la chaîne de responsabilité ne se limite pas aux combattants sur le terrain, mais inclut tous les acteurs qui facilitent, financent ou approvisionnent les parties au conflit. Elle appelle les États à enquêter sur les réseaux de mercenaires et de fourniture d’armes opérant depuis leur territoire, à faire respecter l’embargo des Nations Unies sur les armes au Darfour, et à suspendre les transferts militaires lorsqu’ils risquent de contribuer à des crimes internationaux.

Ce que ça pourrait changer

Ce rapport pourrait relancer les pressions diplomatiques pour un embargo élargi sur les armes au Soudan et renforcer les mécanismes de traçabilité des transferts militaires. Il met en lumière l’urgence d’une coordination internationale pour démanteler les réseaux de soutien aux belligérants, sous peine de voir la guerre s’enliser dans une logique de crimes de guerre systématiques. La crédibilité des institutions onusiennes et des États signataires des conventions internationales est directement en jeu.

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