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GÉOPOLITIQUE

En Algérie, la mémoire irradiée des témoins des essais nucléaires français

Source unique·il y a 14 j

Les essais nucléaires français en Algérie entre 1960 et 1966, prolongés quatre ans après l’indépendance malgré les accords d’Évian, ont laissé une mémoire traumatisée chez les populations locales. Ces opérations, menées dans le secret et avec une opacité persistante sur les sites d’enfouissement des déchets, révèlent une gestion coloniale des risques sanitaires et environnementaux, où les travailleurs algériens furent exposés sans protection ni information.

Quels territoires algériens ont été concernés par les essais nucléaires français et dans quel cadre juridique ?

Les essais nucléaires français ont eu lieu sur deux sites du Sahara algérien : Reggane, où 4 essais atmosphériques ont été réalisés entre 1960 et 1961, et In Ekker, dans le massif du Hoggar, où 13 essais souterrains ont été menés entre 1961 et 1966. Ces essais se sont poursuivis quatre ans après l’indépendance de l’Algérie en 1962, conformément à une annexe militaire des accords d’Évian signés le 18 mars 1962, qui autorisait la France à maintenir ses activités nucléaires sur le sol algérien pendant cinq ans.

Quels rôles les populations locales ont-elles joués dans ces essais et quels en ont été les risques pour elles ?

Les populations locales, souvent des travailleurs algériens comme Touhami Abdelkrim, ont été employées à des tâches de manutention du matériel sans équipement de protection ni information sur les dangers radioactifs. Leur exposition aux radiations et aux déchets nucléaires a été directe, tandis que le personnel français supervisait les opérations à distance, sans partager les risques ni les protocoles de sécurité avec les travailleurs locaux.

Pourquoi l’Algérie n’a-t-elle pas accès aux données françaises sur les sites d’enfouissement des déchets radioactifs ?

L’Algérie se heurte à l’opacité des archives françaises concernant les sites d’enfouissement des déchets radioactifs liés aux essais nucléaires. Malgré les demandes répétées, Paris n’a jamais communiqué les cartes précises ou les inventaires complets de ces zones, laissant les autorités algériennes dans l’ignorance des risques résiduels et des responsabilités à assumer pour leur sécurisation.

Ce que ça pourrait changer

Cette absence de transparence et de coopération entre la France et l’Algérie pourrait aggraver les crises sanitaires et environnementales à long terme, notamment dans des régions déjà fragilisées par la désertification et les pénuries d’eau. Elle soulève aussi des questions sur la responsabilité historique des puissances nucléaires envers les populations exposées, et sur l’effectivité des mécanismes de réparation postcoloniaux. Enfin, ce dossier rappelle l’urgence de renforcer les cadres internationaux de protection des victimes des essais nucléaires, bien au-delà des frontières des anciennes puissances coloniales.

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