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Le RN veut interdire le foulard islamique dans l’espace public : une rupture avec les principes de liberté religieuse et de non-discrimination

Source unique·il y a 13 j

Le Rassemblement national (RN) propose d’étendre l’interdiction du foulard islamique à l’espace public, une mesure présentée comme une lutte contre l’islamisme. Pourtant, cette initiative soulève des questions juridiques et éthiques majeures, en remettant en cause des principes fondamentaux comme la liberté religieuse et la non-discrimination. Derrière cette proposition se profile une stratégie de restriction progressive des libertés au nom de la sécurité, qui interroge la cohérence de l’État de droit.

Quels sont les fondements juridiques invoqués par le RN pour justifier cette interdiction ?

Le RN ne s’appuie pas sur le principe de laïcité, qui ne s’applique qu’à l’État et aux agents publics, mais sur l’idée que le foulard serait un signe d’islamisme politique. Cette argumentation marque une rupture avec les registres précédents, qui invoquaient la laïcité ou le « vivre-ensemble », en assimilant une pratique religieuse à une menace idéologique sans preuve tangible.

Pourquoi cette interdiction serait-elle incompatible avec le droit international ?

Elle violerait l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui protège la liberté de religion, ainsi que les articles 18 et 26 du Pacte international des droits civils et politiques, qui garantissent la liberté de conscience et le principe d’égalité. La jurisprudence européenne admet des restrictions dans des contextes précis (école, entreprise), mais pas une interdiction générale dans l’espace public.

Quels sont les risques sociétaux d’une telle mesure ?

Elle renforcerait les discriminations systémiques déjà subies par les femmes musulmanes, notamment dans l’accès à l’emploi et aux espaces sociaux. De plus, elle légitimerait une logique de suspicion envers une pratique religieuse, transformant une liberté fondamentale en indice de menace politique, ce qui fragilise le principe de neutralité de l’État.

Ce que ça pourrait changer

Cette proposition pourrait normaliser une approche sécuritaire des libertés individuelles, où la volonté politique primerait sur les garanties juridiques. Elle risquerait également d’alimenter les tensions communautaires et de marginaliser davantage les musulmanes portant le foulard, dans un contexte où les discriminations religieuses sont déjà documentées. Enfin, elle interroge la capacité du droit à limiter l’arbitraire politique dans un État de droit.

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