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GÉNÉRALISTE

Le défi colossal d’entretenir Montréal

Source unique·il y a 16 j

Montréal paie aujourd’hui le prix d’un demi-siècle de sous-investissement chronique dans ses infrastructures, un héritage qui pèse désormais sur la qualité de vie des citoyens et la crédibilité de ses dirigeants. Malgré des injections massives de fonds publics, l’écart entre les besoins réels et les moyens alloués s’élargit, révélant une crise structurelle où l’urgence des réparations se heurte à la lenteur des décisions politiques. Le défi n’est plus seulement technique, mais systémique : comment concilier modernisation et entretien dans un contexte de ressources limitées ?

Quels sont les montants en jeu pour combler le déficit d’entretien des infrastructures montréalaises ?

Les experts estiment qu’il faudrait investir 2,7 milliards de dollars par an pendant dix ans pour protéger les infrastructures municipales, alors que les sommes prévues s’élèvent à 1,8 milliard par an, créant un sous-investissement annuel de 900 millions de dollars. À cela s’ajoute un « déficit de maintien d’actifs » déjà chiffré à 11,6 milliards de dollars, qui risque d’augmenter si aucune mesure corrective n’est prise.

Pourquoi les infrastructures routières sont-elles particulièrement touchées par cette dégradation ?

Le réseau routier de Montréal, qui inclut 4 053 km de rues, 3 150 km de trottoirs, 612 ponts et tunnels, ainsi que des milliers de lampadaires et feux de circulation, nécessite un milliard de dollars d’investissement annuel pour être maintenu en état minimalement satisfaisant. Or, seulement 354 millions ont été alloués en 2025, ce qui explique son passage d’un état « bon » à « satisfaisant » et la multiplication des nids-de-poule.

Quels acteurs politiques ou institutionnels se mobilisent pour alerter sur cette crise ?

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, et sa collègue de Longueuil, Catherine Fournier, ont interpellé les chefs politiques en campagne électorale pour réclamer un financement « prévisible et à la hauteur des besoins ». L’Ordre des ingénieurs du Québec, via sa présidente Sophie Larivière-Mantha, a aussi plaidé pour la création d’un fonds de prévoyance dédié à l’entretien, inspiré des mécanismes existant pour les copropriétés.

Quelles solutions techniques ou organisationnelles sont envisagées pour limiter les dégâts ?

Des chercheurs explorent des matériaux plus durables et des techniques d’imperméabilisation des revêtements avant l’apparition de fissures, évitant ainsi le « patchage » des nids-de-poule, considéré comme une solution temporaire et coûteuse. L’idée d’un fonds de prévoyance, similaire à celui des copropriétés, est aussi proposée pour anticiper les besoins et éviter l’inflation des coûts liés aux reports de travaux.

Ce que ça pourrait changer

Si aucune réponse structurelle n’est apportée, la dégradation des infrastructures pourrait s’accélérer, entraînant des risques accrus pour la sécurité des citoyens, une hausse des coûts de réparation à long terme, et une perte de confiance dans la gestion municipale. À l’inverse, une planification rigoureuse et un financement stable pourraient non seulement rétablir l’état des actifs, mais aussi inspirer des modèles de gestion durable applicables à d’autres métropoles confrontées aux mêmes défis.

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