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GÉNÉRALISTE

Des signes avant-coureurs ignorés avant des meurtres d’enfants au Québec, dénonce une étude

Source unique·24 sept.

Une étude récente révèle que des meurtres d’enfants au Québec et ailleurs au Canada auraient pu être évités si les signes avant-coureurs de danger avaient été correctement interprétés par les institutions. L’analyse met en lumière des défaillances systémiques dans la protection de l’enfance, notamment une tendance à minimiser les alertes des mères et une priorité excessive accordée au maintien du contact avec les deux parents, même en contexte de violence. Ces constats soulèvent des questions sur l’efficacité des mécanismes de prévention et l’urgence de réformer les pratiques judiciaires et sociales.

Quels sont les principaux constats de l’étude sur les meurtres d’enfants analysés ?

L’étude révèle que les signes de danger étaient connus des institutions, mais que celles-ci n’ont pas déclenché de mesures de protection adéquates. Dans trois des cinq cas étudiés, les enfants ont été tués peu avant une audience de garde, et dans chaque cas, les femmes ayant exprimé des préoccupations ont été ignorées ou discréditées. Les autrices pointent aussi une culture institutionnelle privilégiant le contact avec les deux parents, même en présence de violences conjugales ou de comportements à risque.

Qui sont les acteurs clés impliqués dans cette analyse et ses recommandations ?

L’étude a été menée par l’Association nationale Femmes et Droit (ANFD) et des professeurs de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke. Les chercheuses principales, Me Suzanne Zaccour (ANFD) et Évelyne Jean-Bouchard (Université de Sherbrooke), ont présenté leurs conclusions au Parlement d’Ottawa aux côtés de la députée Lisa Hepfner, qui parraine le projet de loi C-233 visant à renforcer la protection des enfants dans les procédures familiales.

Quels mécanismes institutionnels ont été pointés comme défaillants dans la protection des enfants ?

Les autrices dénoncent une évaluation fragmentée des risques, faute de coordination entre les institutions, ainsi qu’une tendance à interpréter les alertes des mères comme des exagérations ou des preuves d’aliénation parentale. Elles critiquent aussi une culture « pro-contact » dans les systèmes de droit familial et de protection de la jeunesse, où le maintien des liens avec les deux parents prime, même en cas de violences avérées.

Pourquoi le projet de loi C-233 est-il présenté comme une réponse aux problèmes identifiés ?

Ce projet de loi vise à modifier la Loi sur le divorce pour donner plus de poids aux préférences des enfants et éviter que les décisions soient influencées par des stéréotypes, comme l’aliénation parentale. Il cherche à garantir que les évaluations des risques ne reposent pas sur des mythes, mais sur des faits concrets, tout en renforçant la prise au sérieux des préoccupations des parents protecteurs.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude pourrait accélérer les réformes législatives en matière de protection de l’enfance, notamment en limitant l’influence des concepts non scientifiques comme l’aliénation parentale. Elle met aussi en lumière la nécessité d’une meilleure formation des acteurs judiciaires et sociaux pour éviter que des vies d’enfants ne soient sacrifiées sur l’autel d’une approche systémique défaillante. La pression sur les institutions pour une coordination renforcée et une écoute accrue des mères pourrait devenir un enjeu politique majeur.

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