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DROIT

Un logement convenable, un droit encore hors de portée pour plus de 3 milliards de personnes

Source unique·5 oct.

Malgré son caractère fondamental pour la dignité humaine et le développement durable, le droit à un logement convenable reste inaccessible pour plus de 3 milliards de personnes à l'échelle mondiale. Cette situation, dénoncée par l'ONU à l'occasion de la Journée mondiale de l'habitat, révèle un paradoxe structurel où l'urgence humanitaire se heurte à l'absence de politiques publiques ambitieuses et de financements adaptés. L'enjeu dépasse la simple construction de bâtiments : il interroge la capacité des sociétés à garantir des conditions de vie dignes dans un contexte de crises multiples.

Quels sont les critères définissant un logement convenable selon l'ONU, au-delà de la simple présence d'un toit ?

L'ONU identifie sept critères pour évaluer la qualité d'un logement : la disponibilité des services (eau, électricité), l'habitabilité (sécurité, protection contre les intempéries), le coût (accessibilité financière), l'emplacement (proximité des emplois, écoles, transports), l'accessibilité (notamment pour les personnes handicapées), la culture (respect des modes de vie) et la garantie juridique (protection contre les expulsions arbitraires). Ces critères soulignent que le logement doit être un levier de développement humain et social, et non une simple structure physique.

Qui sont les acteurs clés mobilisés pour résoudre cette crise du logement, et quels rôles jouent-ils ?

Les acteurs principaux incluent les pouvoirs publics (gouvernements nationaux et autorités locales), le secteur privé (investisseurs, promoteurs immobiliers) et la société civile (ONG, communautés locales). L'ONU-Habitat, via son Directrice exécutive Anacláudia Rossbach, plaide pour une coopération renforcée entre ces parties prenantes, tout en insistant sur la nécessité d'une coordination internationale. António Guterres, Secrétaire général de l'ONU, appelle également à une réforme de l'architecture financière mondiale pour mobiliser des fonds prévisibles et abordables, notamment pour les pays en développement.

Quels groupes de population sont les plus touchés par l'absence de logement convenable, et quels risques encourent-ils ?

Les populations les plus vulnérables incluent les habitants des bidonvilles (plus d'un milliard de personnes), les sans-abri, et les déplacés forcés par les conflits, les catastrophes naturelles ou les changements climatiques. Ces groupes subissent des conditions de vie précaires, souvent sans accès à l'eau potable, aux installations sanitaires ou à une protection juridique, ce qui les enferme dans un cycle de pauvreté et les expose à des risques sanitaires accrus, notamment pour les enfants.

Ce que ça pourrait changer

L'incapacité à garantir un logement convenable pour tous pourrait aggraver les inégalités sociales et territoriales, tout en alimentant les tensions politiques et les crises humanitaires. À l'inverse, une transformation systémique des politiques de logement — intégrant des critères de durabilité, de justice sociale et de résilience climatique — pourrait servir de levier pour réduire la pauvreté, renforcer la cohésion des villes et préparer les sociétés aux défis futurs. La mobilisation d'octobre urbain, qui s'achève avec la Journée mondiale des villes, pourrait ainsi devenir un moment charnière pour passer des déclarations d'intention à des actions concrètes.

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