Mark Carney réitère son projet de faire un «Canada fort» dans ses félicitations à PSPP
Aucun ministre fédéral n’avait du mal à dire du prochain gouvernement souverainiste à Québec, mardi..
Le premier ministre canadien Mark Carney a téléphoné le 6 octobre 2026 à Paul St-Pierre Plamondon, nouveau premier ministre du Québec élu la veille à la tête d’un gouvernement minoritaire du Parti québécois (PQ). Carney a exprimé sa volonté de collaborer immédiatement sur des dossiers prioritaires comme l’économie, le logement, le soutien aux travailleurs et la lutte contre l’itinérance. Il a souligné l’importance de bâtir un Québec fort dans un Canada fort, sans préciser de calendrier pour un éventuel référendum sur l’indépendance du Québec. Ce projet référendaire, prévu après le mandat de l’actuel président américain Donald Trump, est au cœur du programme du PQ, qui a publié un livre bleu détaillant sa vision d’une future république québécoise.
Paul St-Pierre Plamondon, surnommé PSPP, a rassuré les partenaires canadiens en déclarant que le projet d’indépendance du Québec n’était pas contre eux, mais visait une collaboration de bonne foi. Le PQ a établi des lignes rouges pour le gouvernement fédéral, comme le rapatriement de pouvoirs en immigration et l’abolition du poste de lieutenant-gouverneur, une figure symbolique représentant le roi Charles III au Québec. PSPP a également évoqué la nécessité de protéger les emplois et l’économie québécoise, notamment face à une guerre tarifaire internationale. Son discours a mis en avant une approche pragmatique, malgré les divergences politiques avec Ottawa.
Mark Carney, élu en 2025 avec une plateforme intitulée Un Canada fort, a utilisé cette expression pour justifier des mesures comme un fonds souverain de 25 milliards d’euros et des projets de loi controversés visant à accélérer la construction d’infrastructures. Ses ministres, comme Marc Miller (responsable de l’Identité canadienne) et Mélanie Joly (ministre de l’Industrie), ont adopté un ton conciliant, malgré les tensions potentielles. Miller, ancien camarade de classe de PSPP à l’université McGill, a appelé à donner une chance au nouveau gouvernement québécois. Aucun ministre fédéral n’a critiqué ouvertement l’élection d’un gouvernement souverainiste, privilégiant un discours de fédéralisme coopératif.
Le gouvernement Carney et l’opposition conservatrice, dirigée par Pierre Poilievre, sont restés discrets pendant la campagne électorale québécoise, sans soutenir aucun parti. Le Bloc québécois (BQ), allié traditionnel du PQ, a activement milité pour sa victoire. Les ministres fédéraux ont évité de mentionner des projets controversés comme l’entente hydroélectrique de Churchill Falls ou le train à grande vitesse *Alto* (Toronto-Québec), estimés à 75 milliards d’euros. Cette retenue contraste avec les tensions passées, comme les critiques de PSPP envers Marc Miller en 2025. La situation illustre une volonté de maintenir des relations stables malgré les divergences idéologiques.

