Le prix Nobel de chimie décerné au Français Henri Kagan et au Japonais Kenso Soai
Les deux hommes ont contribué à une découverte majeure pour le développement de médicaments..
Le prix Nobel de chimie 2026 a été décerné au Français Henri Kagan, âgé de 95 ans et professeur à l’Université Paris-Saclay, ainsi qu’au Japonais Kenso Soai, 76 ans et professeur à l’Université des sciences naturelles de Tokyo. Leurs travaux en catalyse asymétrique ont été salués par le comité Nobel pour leur impact majeur dans la conception de réactions chimiques utilisées notamment dans la fabrication de médicaments. Kenso Soai a réagi à cette distinction en déclarant que c’était « le jour le plus incroyable de sa vie », après avoir été joint par téléphone par la Fondation Nobel. Ce prix récompense une collaboration scientifique internationale, soulignant l’importance des échanges entre la France et le Japon dans ce domaine.
La catalyse asymétrique est une technique qui permet aux chimistes de contrôler la forme tridimensionnelle des molécules produites lors d’une réaction chimique. Dans la nature, de nombreuses molécules existent sous deux formes miroir, comme nos mains : une forme gauche et une forme droite. Ces formes, appelées énantiomères, peuvent avoir des propriétés très différentes, notamment en pharmacologie. Par exemple, un médicament peut être efficace sous une forme mais toxique sous l’autre. La catalyse asymétrique utilise des catalyseurs (substances qui accélèrent une réaction sans être consommées) pour favoriser la production d’une seule forme moléculaire, ce qui est crucial pour développer des médicaments sûrs et efficaces. Henri Kagan est souvent considéré comme le « père » de cette technique en France, bien qu’une partie de ce domaine ait déjà été récompensée par un Nobel en 2001.
Les travaux de Kagan et Soai ont joué un rôle déterminant pour les chimistes qui conçoivent des réactions destinées à la fabrication de produits pharmaceutiques. Grâce à la catalyse asymétrique, il est possible de produire des molécules médicamenteuses avec une précision chirurgicale, en évitant les formes indésirables qui pourraient causer des effets secondaires. Cette technique est désormais indispensable dans l’industrie pharmaceutique, où elle permet de créer des médicaments plus sûrs et plus efficaces. Le comité Nobel a souligné que leurs découvertes ont révolutionné la façon dont les chimistes abordent la synthèse des molécules, en offrant des outils pour contrôler la structure des composés à l’échelle atomique. En 2025, le Nobel de chimie avait déjà récompensé des recherches sur de nouvelles structures moléculaires capables d’emprisonner des gaz, montrant l’importance croissante de la chimie dans des domaines variés.
Le prix Nobel de chimie fait partie des prestigieuses distinctions scientifiques mondiales, aux côtés des Nobels de médecine et de physique. En 2026, il a été attribué après ceux-ci, suivant la tradition qui les place dans cet ordre. Le lauréat reçoit un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 12 millions de *couronnes suédoises*, soit environ 1,7 million de dollars canadiens. Cette somme, bien que symbolique, représente une reconnaissance internationale de l’excellence scientifique. Le prix d’économie, qui clôturera la saison des Nobels, est prévu pour le 12 octobre. En France, la nomination d’Henri Kagan a été particulièrement remarquée, car elle comble un vide : en 2001, une partie de la catalyse asymétrique avait déjà été primée, mais pas ses travaux, ce qui avait suscité des protestations du ministère français de la Recherche à l’époque.

