Carney’s plan to fight hate shouldn’t mean ignoring Islamophobia
After dismantling Amira Elghawaby office, Mark Carney has unveiled a new advisory body on inclusion led by a prominent pro-Israel community figure. For many Muslim Canadians, the move signals that some forms of hate command greater political urgency than others The post Carney’s plan to fight hate shouldn’t mean ignoring Islamophobia appeared first on Ricochet..
Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé la création d’un Comité consultatif ministériel sur les droits, l’égalité et l’inclusion pour lutter contre toutes les formes de haine. Ce comité, dirigé par l’ancien sénateur Marc Gold, un dirigeant de la communauté juive et ancien président du Comité Canada-Israël, a été lancé lors d’un discours à Toronto. Carney y a souligné l’urgence de combattre l’antisémitisme au Canada, évoquant des violences et des intimidations contre les Juifs. Cependant, ce comité a été critiqué pour son approche jugée déséquilibrée, car il se concentre presque exclusivement sur l’antisémitisme, sans accorder une attention équivalente à d’autres formes de haine, notamment l’islamophobie. Cette focalisation exclusive a suscité des interrogations sur la manière dont le gouvernement priorise les problèmes de haine selon les communautés.
L’article souligne que les musulmans au Canada subissent une période de vulnérabilité et de peur croissante. Selon un sondage de l’Institut Angus Reid réalisé en 2023, 43 % des Canadiens considèrent l’islam comme une présence « nuisible » dans la société, un chiffre qui atteint 55 % au Québec. Les musulmans sont ainsi l’un des groupes religieux les moins bien perçus dans le pays. En plus des préjugés, ils sont aussi victimes de violences meurtrières parmi les plus graves des pays du G7. Par exemple, en 2017, six hommes musulmans ont été assassinés lors de l’attaque terroriste contre la mosquée de Québec. En 2021, quatre membres de la famille Afzaal ont été tués à London, en Ontario, dans une attaque à la camionnette ciblant spécifiquement leur identité musulmane. Ces événements illustrent une réalité alarmante, souvent minimisée ou ignorée par les autorités et les médias.
L’article cite plusieurs exemples récents de violences et d’agressions contre des musulmans au Canada. En 2023, une avocate musulmane aurait été agressée par la police de Durham dans un palais de justice d’Oshawa : elle aurait été plaquée contre un bureau, sa tête aurait été frappée, et son voile (hijab) aurait été arraché. En octobre 2022, une employée d’hôtel à Markham, en Ontario, a été battue, laissant son visage marqué et ses dents brisées, nécessitant une intervention chirurgicale. En mars 2023, une étudiante dans une bibliothèque d’Ajax a eu un liquide inconnu versé sur son hijab, et son agresseuse aurait tenté de l’incendier. Ces incidents, bien que documentés, reçoivent peu d’attention publique ou politique, ce que la sociologue Jasmine Zine qualifie de « l’amnésie nationale » face à l’islamophobie.
Le gouvernement de Mark Carney a récemment mis fin au mandat d’Amira Elghawaby, qui occupait le poste de Représentante spéciale du Canada pour lutter contre l’islamophobie. Cette décision a été perçue par de nombreux musulmans comme un signal indiquant que leurs craintes et leurs droits comptent moins que ceux d’autres groupes. Sous la direction d’Elghawaby, ce bureau avait pour mission de documenter les cas d’islamophobie, d’engager les communautés concernées et d’attirer l’attention nationale sur ce phénomène. Son départ a été interprété comme une réduction de l’engagement gouvernemental envers la lutte contre l’islamophobie, alors même que le nouveau comité consultatif met l’accent sur l’antisémitisme.
Le Premier ministre Carney a ouvert son discours en citant des enseignements juifs qui jugent une société non pas à sa richesse ou à sa puissance, mais à la manière dont elle traite les plus vulnérables. Il a évoqué un contrat civique fondé sur la reconnaissance mutuelle, selon lequel le bien-être de tous dépend de celui de chacun. L’auteure de l’article souligne que ces valeurs, partagées par de nombreux Canadiens, rappellent le concept juif de Tikkun Olam (« réparer le monde »), qui prône la responsabilité collective de corriger les injustices sociales. Cependant, elle questionne la cohérence de ces principes lorsque le gouvernement semble distribuer son attention et ses ressources de manière sélective, en privilégiant certaines formes de haine plutôt que d’autres.
L’article évoque l’impact de ces politiques sur les jeunes Canadiens musulmans, notamment à travers le témoignage du fils de l’auteure, âgé de 17 ans. Ce dernier, engagé politiquement et ayant soutenu le Parti libéral, a exprimé une colère profonde après l’annonce du nouveau comité, estimant que le gouvernement avait mis fin au bureau dédié à la lutte contre l’islamophobie pour en créer un autre centré sur l’antisémitisme. Il a expliqué avoir appris à mesurer les risques de s’exprimer publiquement, comme beaucoup de jeunes Canadiens racisés. L’auteure souligne que la désillusion de ces jeunes, qui avaient cru en l’égalité de traitement, pourrait avoir des conséquences durables sur leur confiance dans les institutions et leur engagement civique.
L’auteure conclut en soulignant que si le nouveau comité consultatif a pour objectif de lutter contre *toutes* les formes de haine, les Canadiens méritent des preuves concrètes que les souffrances de chaque communauté sont prises au sérieux. Elle rappelle que la crédibilité d’une telle initiative repose sur son équité et son inclusivité. Sans cela, le risque est de renforcer un sentiment d’injustice parmi les groupes marginalisés, notamment les musulmans, et de saper la confiance dans les institutions publiques. L’article se termine sur une interrogation : comment un gouvernement peut-il prétendre défendre les valeurs de justice et de solidarité s’il ne les applique pas de manière uniforme à toutes les communautés ?

