Pourquoi vous avez probablement reçu de nombreux courriels parlant de « pixels de suivi »
Ces petits mouchards, très utilisés dans les e-mails, vont être davantage encadrés. Le délai de trois mois donné par la CNIL pour se conformer à ses recommandations expire mardi 14 juillet..
De nombreux utilisateurs ont reçu récemment des courriels mentionnant l’utilisation de pixels de suivi dans les communications par e-mail. Ces messages, souvent formulés de manière vague, demandent parfois explicitement l’autorisation d’utiliser cette technologie. Cette vague de notifications s’explique par une nouvelle réglementation plus stricte émise par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) le 14 avril, donnant aux entreprises un délai de trois mois pour se conformer. Le 14 juillet marque ainsi l’échéance de ce délai, incitant les entreprises à informer leurs clients avant cette date.
Un pixel de suivi (ou pixel de tracking, pixel espion) est un fichier invisible, souvent réduit à une image d’un seul pixel, intégré dans un e-mail. Son rôle est de traquer le comportement des destinataires : il permet notamment de savoir si un e-mail a été ouvert, si des liens ont été cliqués, ou encore de collecter des données comme la géolocalisation ou le type d’appareil utilisé. Cette technologie est largement répandue, utilisée par de nombreuses entreprises, y compris des médias comme Le Monde. Elle sert principalement à mesurer l’efficacité des campagnes publicitaires ou des communications commerciales.
L’utilisation des pixels de suivi est légale en France, mais encadrée par des règles strictes. Selon la CNIL, cette pratique est autorisée uniquement si les destinataires des e-mails ont donné leur consentement de manière libre et éclairé. Cela signifie que les utilisateurs doivent être informés de manière claire et compréhensible des finalités du suivi, et doivent pouvoir accepter ou refuser sans pression. La CNIL rappelle que le consentement doit pouvoir être retiré aussi facilement qu’il a été donné. Ces règles s’inscrivent dans le cadre plus large du Règlement général sur la protection des données (RGPD), applicable dans toute l’Union européenne.
La vague de courriels reçus ces derniers jours est directement liée à la publication, par la CNIL le 14 avril, de nouvelles recommandations plus contraignantes concernant l’utilisation des pixels de suivi. Les entreprises disposaient d’un délai de trois mois pour se mettre en conformité avec ces règles. Le 14 juillet étant la date butoir, de nombreux acteurs économiques ont envoyé des notifications à leurs clients pour recueillir leur consentement avant cette échéance. Même si des sanctions sont peu probables à court terme pour les entreprises non conformes, cette pression temporelle explique l’afflux massif de messages.
Refuser de donner son consentement pour l’utilisation des pixels de suivi n’a généralement pas d’impact sur le fonctionnement des services utilisés. La CNIL insiste sur le fait que ce suivi ne peut pas être imposé : les utilisateurs doivent pouvoir refuser ou retirer leur consentement sans que cela n’entraîne de restrictions d’accès aux services. Par exemple, un refus de suivi dans un e-mail publicitaire n’empêchera pas de recevoir les messages suivants, ni de bénéficier des offres ou informations proposées. Le consentement est donc une option, et non une obligation pour accéder à un service.

