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Une étude alerte sur la résistance croissante des bactéries aux antibiotiques de dernier recours chez les enfants

Science & Vie · mis à jour il y a 11 j

Face à une infection grave, on compte encore sur les antibiotiques pour sauver un enfant. Mais les bactéries apprennent plus vite qu'on ne le pensait.

Une étude alerte

Une étude récente, publiée en juillet 2026, met en lumière une augmentation préoccupante de la résistance des bactéries aux antibiotiques de dernier recours chez les enfants. Ces antibiotiques, appelés carbapénèmes, sont utilisés en médecine humaine pour traiter des infections graves causées par des bactéries multirésistantes. Leur efficacité est menacée par l’émergence de souches bactériennes capables de survivre à ces traitements, un phénomène appelé résistance aux antibiotiques. Cette résistance se développe lorsque les bactéries mutent ou acquièrent des gènes leur permettant de neutraliser l’action des médicaments. Les chercheurs soulignent que ce problème, déjà documenté chez les adultes, touche désormais de plus en plus d’enfants, ce qui pourrait compliquer le traitement des infections courantes comme les pneumonies ou les infections urinaires.

Des chiffres inquiétants

L’étude révèle que la proportion d’enfants infectés par des bactéries résistantes aux carbapénèmes a augmenté de manière significative ces dernières années. Par exemple, en 2020, environ 5 % des infections chez les enfants étaient causées par des bactéries résistantes à ces antibiotiques. En 2025, ce chiffre est passé à près de 15 %, soit une multiplication par trois en seulement cinq ans. Les chercheurs précisent que cette hausse est particulièrement marquée dans les pays où l’usage des antibiotiques est moins contrôlé, comme certains pays d’Afrique ou d’Asie. Cette situation pourrait entraîner des difficultés majeures pour les médecins, qui pourraient se retrouver sans traitement efficace pour soigner des infections autrefois bénignes.

Les causes du phénomène

Plusieurs facteurs expliquent cette résistance croissante. Tout d’abord, l’usage excessif ou inapproprié des antibiotiques joue un rôle clé. Par exemple, la prise d’antibiotiques pour des infections virales, comme un rhume ou une grippe, est inutile et favorise l’apparition de résistances. Ensuite, la transmission de bactéries résistantes entre humains, notamment dans les hôpitaux ou les crèches, accélère la propagation. Enfin, l’absence de nouveaux antibiotiques efficaces contre ces souches résistantes aggrave la situation. Les chercheurs rappellent que les carbapénèmes sont des antibiotiques de dernier recours, utilisés uniquement lorsque les autres traitements échouent. Leur inefficacité pourrait donc laisser les médecins sans solution pour traiter des infections graves.

Les risques pour la santé

La résistance aux antibiotiques de dernier recours expose les enfants à des risques accrus. Sans traitement efficace, une infection banale pourrait devenir grave, voire mortelle. Par exemple, une simple infection urinaire pourrait évoluer en septicémie, une réaction inflammatoire généralisée mettant la vie en danger. Les chercheurs soulignent que les enfants, dont le système immunitaire est encore en développement, sont particulièrement vulnérables. De plus, les complications pourraient entraîner des hospitalisations prolongées, des séquelles ou des traitements plus lourds, comme des greffes ou des interventions chirurgicales. Cette situation pourrait également alourdir le coût des soins pour les familles et les systèmes de santé.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette urgence, les chercheurs appellent à des mesures immédiates pour limiter la propagation de la résistance. Ils recommandent notamment de réduire l’usage inapproprié des antibiotiques, en évitant de les prescrire pour des infections virales et en respectant strictement les durées de traitement. Une meilleure hygiène, notamment dans les hôpitaux et les crèches, pourrait également limiter la transmission des bactéries résistantes. Par ailleurs, des efforts sont nécessaires pour développer de nouveaux antibiotiques, un processus long et coûteux. Enfin, les chercheurs insistent sur l’importance de la surveillance épidémiologique, afin de détecter rapidement l’émergence de nouvelles résistances et d’adapter les traitements en conséquence.

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