Animaux maltraités, salariés sous pression : l'envers de cliniques vétérinaires
Dans une enquête publiée le 20 septembre, L'Humanité a recueilli les témoignages de vétérinaires et assistants vétérinaires salariés d' IVC Evidensia, premier groupe vétérinaire d'Europe, détenu à 20 % par Nestlé. Le groupe compte plus de 280 cliniques en France et 2 500 salariés, auxquels il impose, selon les sources du journal, une logique financière qui dégrade la qualité des soins.
Une enquête publiée le 20 septembre 2026 par L’Humanité révèle des pratiques contestables au sein du groupe vétérinaire IVC Evidensia, premier groupe vétérinaire d’Europe. Ce groupe, détenu à 20 % par le géant agroalimentaire Nestlé, possède plus de 280 cliniques en France et emploie 2 500 salariés. L’enquête met en lumière une logique financière imposée par la direction, qui aurait des conséquences néfastes sur la qualité des soins prodigués aux animaux. Selon les témoignages recueillis, cette approche privilégierait les profits au détriment du bien-être animal et des conditions de travail des employés.
Les méthodes financières d’IVC Evidensia sont pointées du doigt par les salariés. Parmi les pratiques dénoncées figurent la suppression des primes et des budgets dédiés à la formation des employés, ainsi que le non-renouvellement du matériel nécessaire aux soins. De plus, le groupe ne remplacerait pas systématiquement le personnel après les départs, ce qui entraîne une surcharge de travail pour les équipes restantes. Ces choix organisationnels s’accompagnent d’une pression constante à la facturation, avec des consignes de surfacturer certains actes ou d’imposer des injections systématiques lors des consultations, sous prétexte de « faire du chiffre ».
Les conséquences de ces pratiques se répercutent directement sur les animaux pris en charge. Plusieurs témoignages rapportent des cas d’animaux hospitalisés laissés sans soins en raison d’un manque de personnel suffisant. Certains animaux seraient même morts dans ces conditions, faute d’avoir reçu les soins nécessaires. Ces situations illustrent l’impact concret de la logique financière sur le bien-être animal, un aspect pourtant central de la mission des cliniques vétérinaires.
Les salariés qui osent contester ces méthodes subissent des représailles. Selon les témoignages, ces représailles peuvent prendre la forme de harcèlement moral, de burn-out ou de menaces de « blacklistage » dans le secteur vétérinaire. Ces menaces viseraient à dissuader les employés de quitter leur poste ou de saisir les prud’hommes en cas de litige. La direction d’**IVC Evidensia France** n’a pas répondu aux accusations portées par *L’Humanité*, malgré les sollicitations du journal. Ces pratiques soulèvent des questions sur les conditions de travail dans le secteur vétérinaire et sur la protection des salariés face à des employeurs puissants.

