La Cour suprême rejette le recours de Trump pour restreindre le vote par correspondance
La président voulait restreindre le vote par la poste à l'approche des élections de mi-mandat..
La Cour suprême des États-Unis, la plus haute juridiction du pays, a rejeté lundi 14 septembre 2026 une demande de l’administration du président Donald Trump visant à restreindre le vote par correspondance avant les élections de mi-mandat de novembre 2026. La Cour a refusé d’autoriser le service postal américain, l’USPS (United States Postal Service), à appliquer une mesure prévue dans un décret signé par Trump en mars 2026. Cette décision intervient alors qu’une juge de district à Boston avait déjà bloqué cette mesure par une injonction (une décision judiciaire temporaire interdisant une action). La Cour suprême a estimé que le gouvernement fédéral avait peu de chances de gagner son procès contre cette injonction. La Cour est composée de 9 juges, dont 6 conservateurs et 3 progressistes. Deux juges conservateurs, Samuel Alito et Clarence Thomas, ont exprimé leur désaccord avec cette décision, affirmant que le service postal avait le droit de réguler le courrier et que les procédures judiciaires contre le décret devraient aboutir.
Le décret signé par Donald Trump en mars 2026 visait à modifier les règles du vote par correspondance aux États-Unis. Il demandait à l’USPS de ne distribuer des bulletins de vote qu’aux électeurs inscrits sur des listes d’électeurs autorisés à voter par correspondance. Trump avait également ordonné au département de la Sécurité intérieure (un ministère fédéral chargé de la protection des infrastructures critiques) de compiler ces listes pour chaque État. Par ailleurs, le département de la Justice (l’autorité judiciaire fédérale) devait enquêter en priorité sur les responsables électoraux locaux accusés d’avoir attribué des bulletins à des personnes non éligibles, et engager des poursuites contre eux. L’administration Trump justifiait ces mesures par la nécessité de lutter contre la fraude électorale, bien que les preuves de fraude lors du vote par correspondance soient rares. Ces restrictions sont perçues comme un avantage pour les républicains, car les électeurs démocrates utilisent davantage le vote par correspondance que les républicains, selon divers sondages.
Vingt-trois États américains, majoritairement dirigés par des gouverneurs démocrates, ainsi que le District de Columbia (la capitale fédérale, Washington), ont porté plainte contre le décret de Trump pour tenter de l’annuler. Ils craignent que ces mesures perturbent la distribution de milliers de bulletins de vote légitimes et créent du chaos, alors que 29 États sur 50 autorisent déjà le vote par correspondance sans justification, et que 8 États organisent leurs scrutins uniquement par courrier. Les détracteurs du décret soulignent que les restrictions pourraient empêcher des électeurs légitimes de voter, notamment dans les États où le vote par correspondance est très utilisé. Les élections de mi-mandat de novembre 2026 sont cruciales pour les républicains, qui cherchent à conserver leur majorité au Congrès (le Parlement américain, composé de la Chambre des représentants et du Sénat).
Cette décision de la Cour suprême s’inscrit dans un contexte de tensions politiques autour du processus électoral aux États-Unis. Donald Trump continue d’affirmer, sans preuve, qu’il a été victime de fraude lors de l’élection présidentielle de 2020, où il avait été battu par **Joe Biden**. Son administration a multiplié les efforts pour renforcer l’influence du gouvernement fédéral sur les élections, notamment en cherchant à limiter le vote par correspondance. En août 2026, la Cour suprême avait déjà levé une injonction empêchant l’application d’une partie du décret de Trump, sans trancher sur la question spécifique de l’*USPS*. Les élections de mi-mandat de novembre 2026 sont perçues comme un test pour Trump et son parti, les républicains, qui espèrent conserver le contrôle du Congrès. Les démocrates, eux, cherchent à protéger l’accès au vote, y compris par correspondance, qu’ils considèrent comme un droit fondamental.

