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Géopolitique

Au rythme actuel, il nous faudra encore 265 ans pour protéger 30 % des océans

Courrier International · mis à jour il y a 16 j

Le dernier rapport de Greenpeace montre qu’au rythme actuel de création d’aires marines protégées, l’objectif de protection de 30 % des écosystèmes marins et côtiers ne risque pas d’être atteint dès 2030 comme le prévoit l’accord de Kunming..

Objectif 30% d'ici 2030

L’accord de Kunming-Montréal, signé en 2022 lors de la COP15 sur la biodiversité, fixe un objectif ambitieux : protéger 30 % des écosystèmes marins et côtiers d’ici 2030. Cet accord, ratifié par 195 pays, vise à préserver la biodiversité marine en limitant les activités humaines destructrices comme la pêche intensive ou l’exploitation minière des fonds marins. Cependant, le rythme actuel de création d’aires marines protégées est insuffisant pour atteindre cet objectif dans les délais prévus. À ce jour, seulement 3,5 % des océans sont complètement ou fortement protégés, selon les données de Greenpeace.

Délai réel de 265 ans

Selon le dernier rapport de Greenpeace publié en octobre 2026, intitulé Well connected (Maillage resserré), il faudrait encore 265 ans pour protéger 30 % des océans au rythme actuel. Ce délai est calculé en analysant la progression des zones marines protégées depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992, où les pays s’étaient engagés à créer un réseau d’aires marines protégées. En moyenne, la couverture n’a augmenté que de 0,1 % par an sur cette période. Ce chiffre illustre l’écart entre les engagements politiques et les actions concrètes sur le terrain.

Rôle des aires marines protégées

Les aires marines protégées sont des zones où les activités humaines sont restreintes ou interdites pour préserver les écosystèmes fragiles. Elles permettent aux espèces marines, comme les baleines ou les tortues, de se déplacer, se nourrir et se reproduire en sécurité. Le rapport de Greenpeace souligne l’importance de créer un réseau de réserves marines étroitement connectées pour protéger les espèces migratrices tout au long de leurs trajets. Sans ces corridors écologiques, les animaux risquent d’être victimes de la pêche industrielle ou des collisions avec les navires de marchandises.

Exemple concret : l’Atlantique

Le rapport identifie 17 sites dans l’océan Atlantique qui pourraient être reliés pour former un réseau de sanctuaires. Ces zones, déjà partiellement protégées ou à protéger, permettraient de créer un écosystème interconnecté. Par exemple, des zones de reproduction des baleines ou des couloirs de migration des tortues pourraient être préservés. Lukas Meus, responsable de la campagne pour les océans chez Greenpeace International, insiste sur l’urgence de renforcer ces protections pour éviter l’effondrement des populations marines.

Inégalités entre les pays

Tous les pays ne progressent pas au même rythme dans la protection des océans. Certains, comme le Royaume-Uni, ont fait des efforts notables mais restent en retard par rapport aux objectifs fixés. Sarah Champion, présidente du groupe parlementaire multipartite pour l’océan au Royaume-Uni, a déclaré que « la protection des océans reste trop lente », malgré les avancées réalisées. Ces disparités montrent que la volonté politique et les moyens financiers varient considérablement d’un État à l’autre.

Ce que ça pourrait changer

Le rapport de Greenpeace a été publié à l’occasion de la 17e Conférence des parties (COP17) des Nations unies sur la diversité biologique, qui se tient en octobre 2026 à Erevan, en Arménie. Cette conférence rassemble les 195 pays signataires de l’accord de Kunming-Montréal pour évaluer les progrès réalisés et renforcer les engagements. L’objectif est de trouver des solutions pour accélérer la protection des océans et éviter que les écosystèmes marins ne s’effondrent avant 2030.

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