Assassinat du président haïtien : 18 suspects extradés vers les États-Unis
Jovenel Moïse a été abattu par un commando armé en juillet 2021..
Le 6 juillet 2021, Jovenel Moïse, président de Haïti âgé de 53 ans, a été assassiné par un commando armé dans sa résidence privée à Port-au-Prince, la capitale du pays. Cet événement a marqué un tournant dans la crise politique et sécuritaire que traverse Haïti, déjà l'un des pays les plus pauvres des Amériques. L'absence de réaction des gardes du corps du président a soulevé des questions sur les défaillances du système de sécurité. À la suite de cet assassinat, Haïti n'a plus eu de président élu, car les élections n'ont pas été organisées depuis 2016. La situation politique et sécuritaire du pays s'est encore détériorée depuis cette date.
Dix-huit personnes impliquées dans l'assassinat de Jovenel Moïse ont été extradées depuis Haïti vers les États-Unis le 21 septembre 2026. Cette décision fait suite à une enquête menée conjointement par les autorités haïtiennes et américaines. Parmi ces suspects figure Joseph Félix Badio, un ancien haut fonctionnaire haïtien ayant travaillé dans une unité de lutte contre la corruption. Les autres extradés sont principalement des mercenaires colombiens, au nombre de 17, selon les sources officielles. Le ministère colombien des Affaires étrangères a confirmé suivre ce transfert sans y participer directement. Ces extraditions marquent une étape importante dans la quête de justice pour cet assassinat.
Les mercenaires colombiens jouent un rôle central dans cette affaire. Selon les autorités haïtiennes et policières, ils faisaient partie du commando qui a tué Jovenel Moïse en 2021. Leur implication a été confirmée par l'arrestation de plusieurs dizaines de suspects, dont une vingtaine de Colombiens, peu après l'assassinat. Les mercenaires sont des soldats ou des civils entraînés à combattre pour de l'argent, souvent dans des conflits étrangers. Leur présence dans cette affaire souligne l'internationalisation du complot et la complexité des réseaux criminels en jeu.
L'enquête sur l'assassinat de Jovenel Moïse a connu des difficultés en raison des défaillances du système judiciaire haïtien. Pour contourner ce problème, la justice américaine a lancé des poursuites contre 11 personnes accusées d'avoir participé à ce complot, notamment parce que des préparatifs auraient été organisés en Floride, aux États-Unis. Cinq de ces accusés ont déjà été condamnés à la prison à perpétuité, tandis que quatre autres ont été reconnus coupables en mai 2026 de divers chefs d'accusation, dont complot pour meurtre ou enlèvement. Au total, 30 suspects ont été inculpés dans cette affaire.
Haïti traverse une crise multidimensionnelle depuis des années, aggravée par l'assassinat de Jovenel Moïse. Sur une population d'environ 11 millions d'habitants, près de 1,5 million de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays en raison des violences des gangs, selon l'Organisation internationale pour les migrations. Ces gangs, souvent armés et organisés, attaquent non seulement la capitale, Port-au-Prince, mais aussi d'autres régions. Pour tenter de stabiliser le pays, des élections présidentielle et législatives sont prévues en décembre 2026, avec un second tour en février 2027, selon un calendrier électoral publié en juillet 2026.

