Frappée par la Russie, l’Ukraine s’inquiète du soutien de Washington
Kiev affirme que le fonctionnement de terminaux Starlink a été restreint dans la nuit sans information préalable..
Dans la nuit du 13 au 14 octobre 2026, la Russie a lancé des frappes aériennes contre des infrastructures énergétiques et une entreprise en Ukraine, faisant au moins 13 morts. Quatre personnes ont péri à Kiev, deux dans la région de Dnipropetrovsk et une dans celle de Zaporijjia. Une attaque de drone a également causé six morts à Loutsk, dans l'ouest du pays, où un magasin de vente en gros a été visé. Ces frappes surviennent malgré une trêve annoncée la veille par le président américain Donald Trump, que Kiev qualifie de « mépris ostentatoire ». Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, 600 000 personnes se sont retrouvées sans électricité après ces attaques. Le ministère russe de la Défense a justifié ces frappes en affirmant cibler des centrales thermiques utilisées par l'armée ukrainienne pour son complexe militaro-industriel.
L'Ukraine dépend fortement du réseau satellitaire Starlink, développé par l'entreprise américaine SpaceX d’Elon Musk, pour ses communications militaires et le guidage de drones. Ces derniers utilisent des antennes Starlink pour rester connectés à Internet et éviter le brouillage électronique, ce qui augmente leur portée et leur précision. Cependant, Kiev dénonce une restriction soudaine de la vitesse des terminaux Starlink « en mouvement », limitant ainsi leurs capacités, notamment pour les missions de drones d'interception ou de frappe à moyenne portée. Un conseiller du président ukrainien, Serguiï Beskrestnov, a qualifié cette limitation de « privation » de moyens de défense face aux drones russes, abondamment utilisés depuis l'été 2026. Ces restrictions compliquent les opérations militaires ukrainiennes sans explication préalable de la part de SpaceX ou des États-Unis.
L'Ukraine s'inquiète d'un possible relâchement du soutien américain, essentiel pour sa défense. Outre Starlink, Kiev dépend du renseignement militaire occidental, notamment américain, pour détecter les attaques russes et frapper des cibles ennemies. Cependant, Volodymyr Zelensky a signalé l'absence d'alerte américaine pour deux attaques de missiles russes en deux nuits consécutives, dont une visant une centrale thermique clé de Kiev. Un haut responsable ukrainien, sous anonymat, a affirmé que Washington avait menacé de suspendre le partage de renseignements si l'Ukraine continuait à frapper des raffineries russes. Ces tensions coïncident avec des déclarations de Donald Trump, favorable à un nouveau dirigeant en Ukraine. Malgré ces inquiétudes, un responsable américain a nié tout changement de politique, tout comme l'Union européenne, qui n'a pas observé d'arrêt du partage de renseignements.
Le Kremlin a déclaré suivre « de près » tout signe de changement dans l'approche américaine envers l'Ukraine. Parallèlement, la Russie a revendiqué l'abattage de 902 drones ukrainiens dans la nuit, dont 180 près de Moscou. La plus grande banque russe, Sberbank, a signalé une attaque de drones contre son centre de données dans la région de Saratov, sans que ses activités ne soient affectées. En Ukraine, les autorités ont évoqué des difficultés techniques ou l'utilisation par la Russie de missiles difficiles à détecter pour expliquer l'absence d'alertes. Ces événements surviennent dans un contexte de tensions accrues entre Moscou et Kiev, ainsi qu'entre Washington et ses alliés européens concernant le soutien à l'Ukraine.

