Sur la route aux États-Unis de Trump : cinq visages des prix à la pompe
Comment les Américains ressentent-ils l'augmentation du prix du carburant causée par la guerre en Iran?.
En août 2026, le prix moyen d'un gallon d'essence ordinaire aux États-Unis a augmenté d'environ 35 % depuis le début de la guerre en Iran. Par exemple, à Liberty Center dans l'Ohio, ce prix atteint 4,19 $ le gallon. Cette hausse s'explique principalement par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui perturbent l'approvisionnement en pétrole et font monter les coûts. La guerre en Iran, un pays producteur de pétrole, a réduit les exportations et accru les incertitudes sur le marché mondial de l'énergie. Les consommateurs américains ressentent directement cette augmentation, car le carburant est essentiel pour les déplacements quotidiens, le travail et les loisirs.
Elsadig Abbase, un livreur de colis de 59 ans originaire du Soudan, parcourt plus de 300 kilomètres par jour pour livrer des paquets dans l'Ohio. Depuis quelques mois, ses dépenses en essence ont augmenté d'environ 100 dollars par semaine, soit une hausse significative pour son budget. Son employeur ne couvre qu'une partie de cette augmentation, ce qui pèse lourdement sur ses finances. Elsadig cumule deux emplois avec sa conjointe, mais les frais de scolarité de leurs quatre enfants à l'université et le coût de la vie rendent leur situation précaire. Il n'a pas d'assurance maladie et craint de ne plus pouvoir travailler en cas d'accident. Bien qu'il ne soit pas politisé, il critique indirectement la gestion économique, estimant que les dirigeants ne ressentent pas les difficultés des citoyens ordinaires.
Mark Burer, un ingénieur électrique de 57 ans, voit ses dépenses en essence augmenter de 30 dollars par semaine. Bien que cette hausse l'oblige à réduire certaines dépenses comme les sorties au restaurant, il ne blâme pas directement Donald Trump pour la situation. Mark justifie l'intervention américaine en Iran par la crainte que ce pays ne développe l'arme nucléaire, une menace qu'il juge sérieuse. Il rappelle que les tensions internationales ne sont pas nouvelles et que les conflits font partie de l'histoire des États-Unis. Malgré les pressions économiques, il reste neutre politiquement et attend les élections pour faire son choix parmi les candidats.
Chelsea Taylor, une vendeuse de voitures et tatoueuse de 30 ans, cumule deux emplois tout en élevant une fille de 9 ans. L'augmentation du coût de la vie l'oblige à refuser des activités payantes pour sa fille, ce qui la frustre. Elle se décrit comme une électrice indépendante ayant déjà voté pour les deux grands partis américains. Pour les élections de mi-mandat de novembre 2026, elle a choisi de voter pour les démocrates afin de protester contre la hausse du pouvoir d'achat. Elle reproche à Donald Trump d'avoir rompu sa promesse de ne pas s'engager dans de nouveaux conflits à l'étranger, ce qui a selon elle aggravé la situation économique.
Jenna Landseadel, une commis à la réception d'un hôtel de 31 ans, et son conjoint travaillent chacun deux emplois pour subvenir aux besoins de leur famille recomposée de cinq enfants. Ensemble, ils cumulent entre 55 et 60 heures de travail par semaine, illustrant une réalité courante aux États-Unis où un seul salaire ne suffit souvent pas. Malgré cela, ils parviennent à prendre des vacances grâce à des avantages offerts par leur employeur. Jenna reconnaît que l'inflation, influencée par divers facteurs, dépasse le contrôle d'un seul président. Elle avoue ne pas s'intéresser à la politique et ne pas voter, bien que cela puisse changer en novembre.
Kevin Cartwright, un enseignant de soudure de 51 ans et artiste à Détroit, a vu son budget carburant fortement impacté par la hausse des prix. Il enseigne la soudure pendant l'année scolaire et se consacre à l'art l'été, tout en effectuant des petits boulots pour joindre les deux bouts. Bien qu'il ait récemment acheté une camionnette neuve, il refuse de la vendre malgré les difficultés financières. Il espère que la situation s'améliorera et compte exprimer son mécontentement lors des prochaines élections. Pour l'instant, il adopte une attitude pragmatique en attendant des jours meilleurs.

