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Géopolitique

La Maison de la terreur, symbole du “combat culturel” d’Orban

Courrier International · mis à jour il y a 4 j

Le 15 septembre, le ministre de la Culture licenciait la directrice de la Maison de la terreur, proche conseillère de l’ancien Premier ministre hongrois Viktor Orban, et fermait ce musée controversé des totalitarismes pour le remodeler. Certaines voix critiques du nouveau pouvoir redoutent une réécriture de l’histoire, à l’approche du 70e anniversaire de l’insurrection antisoviétique de 1956..

Fermeture temporaire du musée

Le 15 septembre 2026, la Maison de la terreur, un musée controversé de Budapest en Hongrie, a été fermée temporairement par le ministre hongrois de la Culture, Zoltan Tarr. Cette décision fait suite au licenciement de Maria Schmidt, directrice du musée et proche conseillère de l’ancien Premier ministre Viktor Orban. Le musée, qui retrace l’histoire des régimes fasciste et communiste en Hongrie, sera fermé jusqu’à ce que son contenu soit réexaminé et que les questions juridiques liées à son statut soient clarifiées. Zoltan Tarr a précisé que le lieu rouvrira plus tard dans l’année, une fois les cadres professionnels, financiers et opérationnels redéfinis.

Origines du musée

La Maison de la terreur a été inaugurée le 24 février 2002 par Viktor Orban, alors Premier ministre hongrois. Installée dans l’ancien siège du parti pronazi des Croix fléchées, devenu ensuite le quartier général de la police politique communiste, ce musée a été confié à l’historienne Maria Schmidt. Cependant, son contenu a souvent été critiqué pour son traitement minimaliste des exactions commises par les Croix fléchées, un mouvement fasciste hongrois actif pendant la Seconde Guerre mondiale. Le musée abrite également des expositions sur la période communiste en Hongrie.

Contexte politique hongrois

La fermeture du musée s’inscrit dans un contexte politique tendu en Hongrie. Viktor Orban, Premier ministre depuis 2010, est connu pour son combat culturel visant à promouvoir une vision nationale et conservatrice de l’histoire hongroise. La Maison de la terreur, sous la direction de Maria Schmidt, était considérée comme un symbole de cette politique mémorielle. Sa fermeture intervient à deux semaines du 70e anniversaire de l’insurrection antisoviétique de 1956, un événement historique majeur en Hongrie. Certains observateurs craignent que cette fermeture ne serve à réécrire l’histoire ou à minimiser certains aspects du passé fasciste ou communiste.

Raisons officielles de la fermeture

Selon Zoltan Tarr, la fermeture n’est pas motivée par des raisons politiques ou idéologiques, mais par la nécessité de réexaminer le statut juridique de l’exposition et de clarifier les questions liées aux droits. Le musée, géré par une fondation, a été nationalisé et dissous avant cette décision. Un contrat doit être établi avec le propriétaire du bâtiment pour permettre sa réouverture. Le directeur général de la société publique de gestion a souligné que cette démarche vise à rendre le musée plus respectable et conforme aux attentes d’un établissement public.

Ce que ça pourrait changer

La fermeture de la Maison de la terreur a suscité des inquiétudes parmi les critiques du gouvernement hongrois. Certains craignent que cette décision ne cache une volonté de réviser la mémoire historique du pays, notamment en minimisant les crimes du régime fasciste des *Croix fléchées*. D’autres y voient une opportunité de moderniser le musée pour en faire un lieu plus équilibré et conforme aux standards internationaux. Le musée, situé à Budapest, reste un symbole fort des divisions politiques et mémorielles en Hongrie.

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