À Gaza, le Programme alimentaire mondial contraint de réduire drastiquement son aide humanitaire
Faute de moyens, l’organisme doit diminuer de 500 000 le nombre de personnes aidées chaque mois..
Depuis octobre 2023, la bande de Gaza, territoire palestinien sous blocus israélien, subit une guerre dévastatrice déclenchée en réponse à une attaque du mouvement islamiste Hamas en Israël. Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur il y a un an, les conditions de vie restent extrêmement difficiles pour la population. Environ 2,1 millions d’habitants vivent dans ce territoire, dont 1,4 million (soit deux tiers) souffrent d’une insécurité alimentaire aiguë, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas accès à une nourriture suffisante pour survivre. En août 2025, l’ONU avait officiellement déclaré l’état de famine à Gaza, bien qu’Israël ait contesté cette évaluation. Le Programme alimentaire mondial (PAM), une agence de l’ONU chargée de lutter contre la faim, joue un rôle clé pour aider cette population en distribuant des vivres et des aides financières.
Faute de financements suffisants, le PAM doit réduire de moitié son aide humanitaire à Gaza. Avant cette décision, l’organisation aidait 1,6 million de personnes chaque mois sous forme de colis alimentaires, de farine, de repas chauds, de soutien nutritionnel ou de transferts d’argent. Désormais, seulement 1,1 million de Palestiniens parmi les plus vulnérables recevront une aide, soit une baisse de 500 000 bénéficiaires. Parallèlement, les quantités distribuées seront divisées par deux : les familles ne recevront plus qu’un seul colis alimentaire au lieu de deux, un sac de farine plus petit, et les repas chauds quotidiens passeront de 250 000 à 150 000. Les transferts d’argent, qui permettaient aux habitants d’acheter de la nourriture dans les commerces, ont déjà été réduits de 1 250 shekels (360 €) à 750 shekels (216 €) pour 75 000 familles en juillet 2026.
Le PAM dépend principalement des dons des États membres de l’ONU et des contributions privées pour financer ses opérations. En 2026, l’agence a reçu moins de la moitié des fonds nécessaires par rapport aux années précédentes. Pour maintenir ses activités à Gaza et en Cisjordanie occupée, elle estime avoir besoin de 450 millions de dollars (400 millions d’euros) sur les six prochains mois. Début septembre 2026, le PAM avait déjà réduit de moitié son assistance en Cisjordanie, passant de 400 000 à 200 000 bénéficiaires. Shaun Hughes, directeur du PAM dans les territoires palestiniens, souligne que ces restrictions interviennent à un moment critique, à l’approche de l’hiver, alors que les améliorations récentes en matière de sécurité alimentaire restent fragiles.
Shaun Hughes, directeur du PAM à Gaza, lance un appel urgent à la communauté internationale pour qu’elle ne détourne pas son attention de la situation humanitaire à Gaza. Il insiste sur l’importance de poursuivre les dons pour éviter une aggravation de la crise. Selon lui, c’est le moment de renforcer l’aide afin de permettre aux habitants de retrouver leurs moyens de subsistance et d’envisager la reconstruction du territoire. Le PAM rappelle que les besoins restent immenses : 1,4 million de personnes dépendent encore d’une aide humanitaire pour survivre, et les réductions actuelles risquent d’aggraver leur situation, notamment avec l’arrivée de l’hiver.

