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Géopolitique

Soudan : Abu Lulu, l’influenceur criminel des FSR

Courrier International · mis à jour il y a 17 j

Al-Fatih Abdallah Idris, connu sous le pseudonyme d’“Abu Lulu”, se filme en train de tuer, terrorise les civils et affiche sa puissance sur les réseaux sociaux. Accusé de crimes de guerre, ce général des Forces de soutien rapide (FSR) est une figure centrale de la guerre psychologique menée en ligne..

Qui est Abu Lulu

Abu Lulu, de son vrai nom Al-Fatih Abdallah Idris, est un général des Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire soudanais engagé dans la guerre civile qui déchire le pays depuis avril 2023. Originaire du Darfour, une région de l’ouest du Soudan, il est surnommé le boucher d’El-Fasher en raison des exactions qu’il a commises et filmées. Son pseudonyme, Abu Lulu, signifie père du démon en arabe, reflétant la terreur qu’il inspire. Il est devenu une figure centrale de la guerre psychologique menée en ligne, utilisant les réseaux sociaux pour diffuser des vidéos de violences et de meurtres, notamment lors de la prise d’El-Fasher, capitale du Darfour, en octobre 2025.

Crimes de guerre avérés

Abu Lulu est accusé de crimes de guerre, notamment lors du siège et de la prise d’El-Fasher, où l’ONU a relevé des signes distinctifs d’un génocide. Les vidéos qu’il diffuse montrent des exécutions sommaires de civils désarmés, filmées à bout portant. Ces actes ont été documentés par des médias internationaux comme la Süddeutsche Zeitung en août 2026. Malgré les dénégations officielles des FSR, qui affirment qu’il n’est pas membre officiel du groupe, Abu Lulu continue de jouer un rôle actif dans les combats, notamment lors du siège d’El-Obeid, une ville du Kordofan, depuis mars 2026. Une enquête de Reuters indique qu’il aurait été brièvement emprisonné avant d’être libéré et de reprendre les hostilités.

Guerre psychologique en ligne

Abu Lulu utilise les réseaux sociaux comme une arme de guerre psychologique. Ses vidéos, d’une extrême violence, visent à terroriser les civils et à miner le moral de ses adversaires. Selon la Süddeutsche Zeitung, ces contenus se multiplient pour affaiblir la résistance des populations et attirer de nouveaux combattants. En effet, avec la prolongation du conflit, les FSR cherchent à compenser leurs défaites militaires par une stratégie de communication agressive. En mai 2026, Amnesty International a appelé à son retrait immédiat du champ de bataille, soulignant l’urgence de mettre fin à ses agissements. Cette guerre numérique s’ajoute à une crise humanitaire sans précédent : sur 51 millions d’habitants, 9 millions ont été déplacés à l’intérieur du pays, et 19,5 millions souffrent d’insécurité alimentaire aiguë.

Contexte du conflit soudanais

La guerre civile au Soudan a débuté en avril 2023 entre les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire, et les Forces armées soudanaises (FAS). Les FSR, dirigées par le général Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti, sont accusées de violences massives contre les civils, notamment au Darfour. Le conflit a provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde : 9 millions de personnes ont été déplacées, et près de 20 millions font face à une famine. La prise d’El-Fasher en 2025, marquée par des exactions attribuées à Abu Lulu, a été qualifiée de génocide par l’ONU. Ce conflit s’inscrit dans un contexte régional complexe, avec des soupçons de soutien des Émirats arabes unis aux FSR, selon des révélations de Londres en mai 2026.

Ce que ça pourrait changer

Les exactions d’Abu Lulu et des FSR ont suscité des condamnations internationales. Amnesty International a exigé son retrait immédiat, tandis que des médias comme *Al-Jazeera* ont révélé que certains membres des FSR le considéraient comme un allié extérieur. En novembre 2025, les FSR ont même publié une mise en scène de son arrestation, rapidement suivie de sa libération. Par ailleurs, une enquête de la *Süddeutsche Zeitung* a révélé que ces vidéos s’inscrivaient dans une stratégie plus large de guerre psychologique, visant à semer la peur et à recruter des combattants. La communauté internationale, notamment l’ONU et des ONG, tente de documenter ces crimes pour éventuellement engager des poursuites, mais la situation reste critique pour les civils pris au piège du conflit.

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