Ils n'aiment ni les « terroristes écologauchistes », ni les migrants... Voici 8 candidats investis par le RN aux sénatoriales
Le 27 septembre, la moitié du Sénat sera renouvelée. Reporterre dresse le portrait de huit candidats investis par le Rassemblement national qui multiplie les sorties critiquant les écologistes, les musulmans, les personnes LGBT ou vantant des régimes autoritaires.
Le Rassemblement National (RN) a investi huit candidats pour les élections sénatoriales en France. Ces élections concernent le renouvellement partiel du Sénat, la chambre haute du Parlement français, où sont élus des représentants pour six ans par des grands électeurs (maires, conseillers départementaux et régionaux, députés). Le RN, parti d'extrême droite, cherche à renforcer sa représentation au Sénat, une institution souvent perçue comme plus modérée que l'Assemblée nationale. Les candidats sélectionnés sont présentés comme partageant des positions critiques envers deux groupes : les militants écologistes radicaux, qualifiés de « terroristes écologauchistes », et les migrants. Le terme « écologauchiste » est une contraction des mots « écologiste » et « gauchiste », utilisée pour désigner des militants écologistes perçus comme trop radicaux ou politisés.
Les candidats investis par le RN expriment une opposition marquée aux militants écologistes qu'ils qualifient de « terroristes écologauchistes ». Cette expression, utilisée par l'extrême droite, vise à discréditer les mouvements écologistes radicaux en les associant à des actes violents ou à des idéologies extrêmes. Le RN s'oppose notamment aux actions de blocage ou de sabotage menées par certains groupes écologistes, comme les Dernières Générations ou Extinction Rebellion, qui protestent contre des projets industriels ou des politiques climatiques jugées insuffisantes. Ces mouvements sont souvent accusés par leurs détracteurs de nuire à l'économie ou de perturber l'ordre public. Le RN défend une approche plus pragmatique de l'écologie, centrée sur la souveraineté nationale et la croissance économique.
Les candidats du RN aux sénatoriales adoptent une position ferme contre l'immigration, un thème central de leur programme. Le RN propose de réduire drastiquement l'immigration légale et de renforcer les contrôles aux frontières. Cette position s'inscrit dans une logique de priorité nationale, où les aides sociales et les logements seraient réservés en priorité aux citoyens français. Le parti critique également les politiques migratoires de l'Union européenne, qu'il juge trop laxistes. En 2023, la France a accueilli environ 230 000 demandes d'asile, un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes. Le RN souhaite également faciliter les expulsions des étrangers en situation irrégulière, en simplifiant les procédures administratives.
Les élections sénatoriales de 2023 se déroulent dans un contexte politique tendu en France. Le RN, qui a réalisé une percée historique aux élections législatives de 2022 en obtenant 89 députés, cherche à étendre son influence au Sénat, où il dispose actuellement de 18 sièges sur 348. Les sénatoriales sont organisées par département, avec des grands électeurs qui votent pour élire les nouveaux sénateurs. Le RN espère capitaliser sur son score aux législatives pour gagner des sièges supplémentaires. Ces élections sont également marquées par des débats sur la réforme des retraites, adoptée en 2023, et par une montée des tensions sociales.
Le RN mise sur une stratégie électorale axée sur des thèmes clivants comme l'immigration, l'insécurité et l'écologie, qu'il présente comme des priorités pour les Français. Le parti cherche à se positionner comme une alternative aux partis traditionnels (Les Républicains, Parti Socialiste, La République en Marche) en proposant des solutions radicales à des problèmes perçus comme urgents. Cette stratégie s'appuie sur une communication ciblée, notamment via les réseaux sociaux, où le RN est très actif. En 2022, le parti a obtenu 23,15 % des voix au premier tour des législatives, confirmant sa montée en puissance. Les candidats investis pour les sénatoriales incarnent cette ligne politique, avec des profils souvent issus de l'extrême droite ou de mouvements conservateurs.
La stratégie du RN et les positions de ses candidats suscitent des réactions contrastées parmi les autres partis politiques. Les partis de gauche (La France Insoumise, Parti Socialiste, Europe Écologie Les Verts) dénoncent une radicalisation du débat politique et une stigmatisation des migrants et des écologistes. Ils accusent le RN de détourner l'attention des vrais enjeux sociaux et économiques. À l'inverse, Les Républicains (LR), parti de droite traditionnelle, adoptent une position plus nuancée. Certains de leurs membres partagent des idées proches de celles du RN sur l'immigration ou la sécurité, mais LR reste divisé sur la question d'une alliance avec le RN. Le gouvernement, dirigé par le président Emmanuel Macron, minimise l'impact potentiel du RN au Sénat, tout en reconnaissant la montée des tensions politiques.
Pour le RN, la conquête de sièges au Sénat représente un enjeu stratégique. Le Sénat, bien que moins médiatisé que l'Assemblée nationale, joue un rôle clé dans l'élaboration des lois et la représentation des territoires. Une augmentation de sa représentation permettrait au RN de peser davantage dans les débats législatifs et de bloquer ou modifier des projets de loi. En 2023, le RN dispose de 18 sénateurs, un chiffre modeste comparé à celui des autres groupes (Les Républicains en comptent 132, le groupe socialiste 65). Les sénatoriales de 2023 pourraient donc marquer une étape importante pour le parti, s'il parvient à faire élire plusieurs de ses candidats. Une victoire symbolique renforcerait sa légitimité politique et son influence.
Les huit candidats investis par le RN pour les sénatoriales 2023 présentent des profils variés, mais partagent une adhésion aux idées du parti. Parmi eux figurent des figures locales, des anciens membres d'autres partis de droite ou d'extrême droite, et des personnalités médiatiques. Certains candidats ont déjà été élus à des mandats locaux (maires, conseillers départementaux) et cherchent à accéder à une fonction nationale. Leur discours met en avant des thèmes comme la défense des frontières, la lutte contre l'islamisme ou la promotion d'une écologie « réaliste ». Le RN mise sur ces profils pour incarner une alternative crédible aux partis traditionnels et séduire un électorat déçu par la politique.

