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Société

Israël et le Liban ont signé un accord de paix... qui pourrait bien ne jamais être appliqué

Slate FR · mis à jour il y a 12 j

Signé le 26 juin à Washington, le texte prévoit un désarmement du groupe chiite par les autorités libanaises et un retrait des troupes israéliennes du Sud-Liban. Mais sa mise en œuvre ressemble à un casse-tête..

Accord historique signé

En juin 2026, Israël et le Liban ont paraphé un accord-cadre à Washington, sous l'égide des États-Unis. Ce texte, supervisé par Marco Rubio, secrétaire d'État américain, vise à établir «un cadre pour la paix et une sécurité durables». L'accord impose deux engagements principaux : le désarmement du Hezbollah, une organisation armée chiite soutenue par l'Iran, et le retrait progressif des troupes israéliennes du Sud-Liban. Le conflit entre Israël et le Hezbollah, qui a duré plus de quatre mois depuis le 2 mars 2026, a causé la mort de plus de 4 200 personnes, majoritairement des civils. Dès le début des hostilités, le président libanais Joseph Aoun et son gouvernement avaient appelé le Hezbollah à déposer les armes et entamé des négociations directes avec Israël pour éviter une escalade.

Hezbollah résiste au désarmement

Le Hezbollah, bien qu'affaibli militairement après la guerre de 2023-2024 contre Israël, conserve une puissance de feu importante, une structure organisationnelle solide et le soutien de l'Iran. L'organisation refuse catégoriquement de déposer les armes et menace de déclencher une guerre civile si le Liban tente de l'y contraindre. Malgré un isolement croissant, notamment parmi ses alliés traditionnels sunnites, la communauté chiite libanaise reste majoritairement favorable au Hezbollah. Pour de nombreux Libanais, le groupe est perçu comme un acteur agissant avant tout pour le compte de l'Iran, ce qui suscite une forte opposition. Les responsables politiques libanais condamnent les attaques du Hezbollah contre Israël depuis mars 2026, estimant que ces actions plongent le pays dans un conflit sans l'approbation de la population, entraînant des destructions massives et le déplacement de plus d'un million de personnes.

Négociations bloquées par conditions

Les négociations entre Israël et le Liban ont été extrêmement complexes. Israël conditionne son retrait du Sud-Liban au désarmement effectif du Hezbollah, une condition difficile à remplir. L'État hébreu hésite à retirer ses troupes tant qu'il estime la menace du groupe chiite réelle. De son côté, le Liban, en proie à une crise économique historique, voit ses institutions et son armée affaiblies, ce qui rend toute tentative de désarmement forcé du Hezbollah risquée. Beyrouth craint qu'une telle action ne provoque une nouvelle guerre civile, un scénario régulièrement évoqué par le Hezbollah pour dissuader toute intervention. L'accord prévoit un retrait israélien progressif des zones où le Hezbollah serait désarmé, remplacées par les Forces armées libanaises, mais l'application de ce plan reste incertaine, tout comme la durée du processus.

Ce que ça pourrait changer

Le Liban, déjà en grande difficulté sur le plan économique, ne bénéficiera pas d'une aide supplémentaire de ses partenaires internationaux tant que plusieurs conditions ne seront pas remplies. Parmi celles-ci figure le désarmement du Hezbollah, une étape jugée délicate et improbable. Il semble également peu probable qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe chiite au Sud-Liban ou qu'il retire complètement ses troupes. Ces éléments rendent l'hypothèse d'un arrêt des affrontements en 2027 très incertaine. Les observateurs soulignent que les perspectives de paix restent très limitées, malgré la signature de l'accord-cadre.

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