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Droit

Yvette Roudy, première ministre des Droits des femmes

Nouvel Obs : Droits des femmes · mis à jour il y a 14 j

Figure historique du féminisme français et ancienne ministre socialiste de François Mitterrand, Yvette Roudy est morte à l’âge de 97 ans. Première titulaire d’un ministère des « Droits de la femme », elle avait notamment obtenu le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale et porté la loi de 1983 sur l’égalité professionnelle..

Morte à 97 ans

Yvette Roudy, figure majeure du féminisme français, est décédée le 18 août 2026 à l’âge de 97 ans dans une résidence médicalisée de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales. Elle y vivait depuis trois ans. Son neveu, Jean-Pierre Saldou, a annoncé sa mort à l’AFP. Née le 10 avril 1929 à Pessac (Gironde), elle a marqué l’histoire politique française en tant que première ministre déléguée aux Droits de la femme en 1981, puis ministre de plein exercice jusqu’en 1986.

Première ministre féministe

Yvette Roudy a été la première à occuper un ministère entièrement dédié aux droits des femmes en France, sous la présidence de François Mitterrand. Auparavant, en 1974, François Giroud avait été secrétaire d’État à la Condition féminine sous Valéry Giscard d’Estaing, mais sans disposer d’un ministère autonome. Son ambition était claire : créer un ministère qui, en luttant pour l’égalité, finirait par rendre sa propre existence inutile. Elle a occupé ce poste jusqu’à la première cohabitation en 1986, marquant une étape historique dans la reconnaissance des droits des femmes en politique.

Avancées majeures

Parmi ses réalisations les plus marquantes, Yvette Roudy a obtenu en 1982 le remboursement de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) par la Sécurité sociale, sept ans après la loi Veil de 1975 qui légalisait l’avortement. Elle a également porté la loi du 13 juillet 1983 sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Cette loi interdisait de refuser une embauche, une promotion ou une formation en raison du sexe et imposait aux entreprises de publier un rapport de situation comparée pour identifier les inégalités salariales et professionnelles.

Projets abandonnés

Certains de ses projets n’ont pas abouti. En 1983, elle a tenté de faire adopter une loi anti-sexiste pour lutter contre les discriminations dans la publicité, mais cette initiative a suscité une forte opposition, y compris au sein du Parti socialiste. Elle a également provoqué des tensions avec l’Académie française en créant en 1984 une commission pour féminiser les noms de métiers et de fonctions, comme auteure ou professeure. Ces échecs montrent les résistances persistantes face aux changements sociétaux.

Parcours militant

Née dans un milieu ouvrier, Yvette Roudy a travaillé très jeune comme secrétaire tout en suivant des cours du soir. Son engagement féministe a débuté après sa traduction en français de La Femme mystifiée de Betty Friedan, un essai américain publié en 1963 qui analysait les rôles sociaux imposés aux femmes. Elle a rejoint en 1965 la Convention des institutions républicaines de François Mitterrand, puis le Parti socialiste. Élue au Parlement européen en 1979, elle est devenue députée du Calvados et maire de Lisieux de 1989 à 2001.

Engagement post-gouvernement

Même après avoir quitté ses fonctions politiques, Yvette Roudy est restée active dans la défense des droits des femmes. En 1996, elle a signé avec d’autres anciennes ministres, dont Simone Veil et Édith Cresson, le manifeste des dix pour la parité, publié dans L’Express. En 2018, lors de l’émergence du mouvement #MeToo, elle a salué une étape historique du féminisme. Elle considérait que les droits des femmes étaient une question politique centrale et que #MeToo révélait les abus de pouvoir au sein de la société.

Ce que ça pourrait changer

Son décès a suscité de nombreux hommages, dont celui de l’ancien président François Hollande, qui a salué une *féministe, socialiste, femme de convictions et de combats*. Son parcours illustre l’évolution des droits des femmes en France, avec des avancées majeures comme le remboursement de l’IVG et l’égalité professionnelle, mais aussi les défis persistants. Elle reste une référence pour les générations suivantes de militantes féministes.

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