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Chassé jusqu’à son extinction en 1936 pour protéger les moutons, le tigre de Tasmanie aurait probablement été accusé à tort selon une nouvelle étude

Science & Vie · mis à jour il y a 16 j

Pourchassé jusqu’en 1936 au nom des moutons, le tigre de Tasmanie ciblait probablement de petites proies avec des morsures rapides. Son crâne allongé supportait mal la lutte contre du bétail..

Extinction du tigre de Tasmanie

Le tigre de Tasmanie (Thylacinus cynocephalus), aussi appelé thylacine, est un marsupial carnivore disparu en 1936. Ce prédateur, reconnaissable à ses rayures dorsales, vivait principalement en Tasmanie, une île au sud de l’Australie. Contrairement à son nom, il n’appartenait pas à la famille des tigres (félins) mais à celle des marsupiaux, un groupe de mammifères dont les femelles portent leurs petits dans une poche ventrale, comme les kangourous. Son extinction est officiellement attribuée à une chasse intensive menée par les colons européens à partir du XIXe siècle, justifiée par la protection des troupeaux de moutons. En 1936, le dernier individu connu est mort en captivité au zoo de Hobart, en Tasmanie. Cette disparition a marqué la fin d’une espèce emblématique, symbole des conséquences de l’intervention humaine sur les écosystèmes.

Accusations historiques

Pendant près d’un siècle, le thylacine a été considéré comme un prédateur responsable de la perte de milliers d’ovins en Tasmanie. Cette réputation a conduit à des primes pour sa chasse, encouragées par les autorités locales et les éleveurs. Les colons européens, arrivés au XIXe siècle, ont rapidement associé la disparition des moutons à la présence de ce marsupial, malgré l’absence de preuves scientifiques solides. Les récits de l’époque décrivent des attaques de thylacines sur les troupeaux, mais ces témoignages étaient souvent anecdotiques et influencés par des préjugés. La chasse systématique, combinée à la destruction de son habitat, a finalement conduit à son extinction. Cette histoire illustre comment des croyances populaires peuvent avoir des conséquences dramatiques pour une espèce.

Nouvelle étude scientifique

Une étude récente, publiée en 2026, remet en cause l’idée que le thylacine était un prédateur majeur des moutons. Les chercheurs ont analysé des données historiques, des archives et des études écologiques pour évaluer le rôle réel de ce marsupial dans les pertes de bétail. Leurs conclusions suggèrent que les attaques attribuées au thylacine étaient probablement exagérées ou confondues avec d’autres prédateurs, comme les chiens sauvages ou les renards introduits par les colons. L’étude souligne que les éleveurs de l’époque avaient un intérêt économique à blâmer le thylacine pour justifier les primes de chasse. Cette réévaluation scientifique invite à repenser la responsabilité de l’extinction de l’espèce.

Causes réelles de l'extinction

Si le thylacine n’était pas le principal responsable des pertes de moutons, quelles étaient alors les causes de son extinction ? Les chercheurs pointent plusieurs facteurs. D’abord, la chasse intensive, encouragée par des primes publiques, a réduit drastiquement ses populations. Ensuite, la destruction de son habitat naturel, notamment par l’agriculture et l’urbanisation, a limité ses zones de vie. Enfin, la compétition avec d’autres prédateurs introduits par les humains, comme les chiens et les renards, a affaibli ses chances de survie. L’étude de 2026 met en lumière la responsabilité humaine directe dans la disparition du thylacine, bien au-delà des simples accusations de prédation sur les troupeaux.

Ce que ça pourrait changer

Cette réévaluation du rôle du *thylacine* dans l’histoire de la Tasmanie offre une leçon importante pour la conservation des espèces aujourd’hui. Elle rappelle que les récits historiques et les croyances populaires peuvent conduire à des actions irréversibles, comme l’extinction d’une espèce. Les scientifiques soulignent la nécessité de fonder les décisions de gestion de la faune sur des preuves solides, et non sur des préjugés ou des intérêts économiques. Cette étude encourage également à réexaminer le sort d’autres espèces disparues ou menacées, dont l’histoire pourrait être réécrite par de nouvelles recherches. Elle rappelle que la protection de la biodiversité passe aussi par une remise en question des récits établis.

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