La Russie écrase les États-Unis dans la course aux voitures électriques et hybrides : les ventes ont explosé cet été
Quand l'essence vient à manquer à la pompe, l'électrique gagne le cœur des automobilistes et devient reine. Une transition écologique forcée pour la Russie qui a dopé le marché, laissant les États-Unis dans le rétroviseur..
La Chine domine largement le marché mondial des voitures électriques (VE) et hybrides, grâce à des politiques industrielles et commerciales agressives. Selon l'article, ce leadership s'est renforcé en raison de décisions politiques récentes aux États-Unis, comme celles de Donald Trump, qui ont freiné l'adoption de l'électrique dans ce pays. Ces choix ont indirectement accru le retard technologique des constructeurs américains face à leurs concurrents, notamment chinois. La Chine profite ainsi d'un avantage stratégique sur l'échiquier mondial de la mobilité propre, avec des effets visibles sur les parts de marché des autres pays.
En 2026, la Russie a enregistré une explosion des ventes de voitures électriques et hybrides rechargeables (PHEV), atteignant 11,5 % des immatriculations de véhicules neufs à la fin septembre, contre seulement 5 % en début d'année. Ce bond spectaculaire s'explique par des pénuries de carburant, causées par des frappes ukrainiennes sur des raffineries russes. Les automobilistes, confrontés à des stations-service vides ou des files d'attente interminables, se sont tournés vers l'électrique ou l'hybride par nécessité. Ce phénomène, qualifié d'électromobilité par dépit, a permis à la Russie de dépasser les États-Unis dans ce secteur.
La Russie, bien que riche en réserves de pétrole, a vu son approvisionnement en carburant perturbé en 2026 en raison de frappes ukrainiennes sur ses raffineries. Ces attaques ont complexifié le processus de raffinement du pétrole, rendant l'accès au carburant thermique difficile pour les automobilistes. Face à cette situation, de nombreux Russes ont choisi d'acheter des véhicules électriques ou hybrides pour éviter les pénuries et les files d'attente. Cette situation a accéléré l'adoption de l'électromobilité dans le pays, malgré des infrastructures de recharge encore limitées et des hivers rigoureux.
Entre juin et août 2026, les ventes de voitures 100 % électriques en Russie ont dépassé 26 500 unités, soit plus du double par rapport à la même période en 2025. Cette hausse est principalement portée par des modèles vendus entre 23 500 et 35 300 dollars, correspondant au segment intermédiaire ou haut de gamme. Sergei Tselikov, directeur du cabinet d'analyse Autostat, illustre cette tendance en évoquant son propre achat d'une GWM Ora 03 GT, une compacte électrique chinoise. Les prix de ces véhicules ont augmenté de 2 000 dollars en quelques jours en raison de la forte demande.
Aux États-Unis, le marché des voitures électriques et hybrides rechargeables a connu un pic artificiel en septembre 2025, lié à l'arrêt du bonus fiscal fédéral, une aide financière pour l'achat de véhicules électriques neufs. Les clients se sont précipités pour profiter de cette incitation avant sa suppression, mais le marché a ensuite été paralysé. En août 2026, les ventes de véhicules 100 % électriques ne représentaient que 5,7 % des immatriculations neuves (78 895 véhicules), et 7,4 % en incluant les hybrides rechargeables au deuxième trimestre 2026. Ces chiffres sont bien inférieurs aux 11,5 % enregistrés en Russie.
La Russie, privée de constructeurs occidentaux en raison des sanctions économiques liées à l'invasion de l'Ukraine en 2022, a vu son marché automobile submergé par les constructeurs chinois. Ces derniers ont saisi l'opportunité pour s'implanter massivement en Russie, prenant le contrôle d'une partie du réseau de distribution. Cette situation a offert à la Chine un monopole sur les ventes automobiles en Russie, tout en affaiblissant l'influence des États-Unis sur ce marché. Les sanctions occidentales, initialement destinées à asphyxier l'économie russe, ont ainsi indirectement favorisé la Chine.

