Le Japon en « cyber-état d’urgence » : le nombre d’attaques sur les données se sont multipliées ces dernières semaines sans que l’on sache pourquoi
Les cyberattaques contre les grandes entreprises du Japon se sont enchaînées ces dernières semaines. Le gouvernement réclame désormais des correctifs rapides, un contrôle des sous-traitants, moins de données conservées.
Début octobre 2026, le Japon a connu une multiplication soudaine des cyberattaques visant ses grandes entreprises. Le Bureau national de la cybersécurité japonais, une agence gouvernementale, a émis une alerte officielle le 9 octobre 2026 pour prévenir les dirigeants d’entreprises des risques accrus. Cette situation a été qualifiée de « cyber-état d’urgence » par certains responsables politiques, bien que le gouvernement n’ait pas encore adopté de loi d’exception. Les attaques ont ciblé des secteurs variés comme la grande distribution, l’autopartage et la restauration, révélant une vulnérabilité généralisée des systèmes informatiques japonais.
Plusieurs entreprises japonaises ont subi des fuites de données majeures ces dernières semaines. Par exemple, la chaîne de supérettes Lawson a révélé la compromission de 2,15 millions de comptes clients, tandis que l’entreprise d’autopartage Times Car a subi une fuite de 6,6 millions de comptes, dont 1,6 million contenant des images de pièces d’identité comme des permis de conduire. Une chaîne de restaurants a également perdu 10,78 millions de fiches de membres. Ces chiffres illustrent l’ampleur des dégâts, avec des millions de données personnelles exposées, souvent sensibles. Les intrusions ont eu lieu en septembre 2026, principalement via des applications mobiles grand public utilisées dans le commerce et la restauration.
Face à cette crise, l’État japonais a exigé des mesures immédiates pour renforcer la cybersécurité. Les entreprises doivent corriger sans délai les failles logicielles, notamment en supprimant les logiciels non mis à jour. L’authentification multifacteur, une méthode de sécurité qui nécessite un code supplémentaire en plus du mot de passe, devient obligatoire. Le gouvernement insiste également sur la vérification des sous-traitants : les entreprises doivent contrôler le niveau de sécurité de leurs prestataires et limiter les données partagées. Enfin, il recommande de réduire les volumes de données conservées, de les chiffrer et de surveiller activement les accès aux systèmes.
Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette crise. Le Bureau national de la cybersécurité, une agence rattachée au Cabinet japonais, est chargé de la coordination et de la réponse. Les ministères concernés, ainsi que la police nationale et le gendarme des données personnelles, ont également été mobilisés. Les entreprises visées, comme Lawson ou Times Car, ont dû réagir rapidement pour limiter les dégâts et informer leurs clients. Le parti au pouvoir a évoqué l’idée d’un « cyber-état d’urgence », bien que cette notion ne soit pas encore formalisée légalement. L’objectif est de responsabiliser les dirigeants, car une cyberattaque ne concerne plus uniquement les services informatiques.
Les données fournies par l’éditeur Trend Micro révèlent une hausse spectaculaire des cyberattaques au Japon en 2026. À la fin septembre 2026, 600 intrusions avaient déjà été recensées, un chiffre proche du total de l’année 2025 (593). Cette accélération s’accompagne d’une diversification des cibles, passant des entreprises aux collectivités locales. Les fuites de données touchent désormais des millions de comptes clients, avec des conséquences potentielles graves pour la vie privée et la sécurité économique. Ces chiffres soulignent l’urgence d’agir pour protéger les infrastructures numériques du pays.

