Trump revient sur sa menace d’interdire les ventes de Bombardier aux États-Unis
Le président américain a déclaré qu’il ne considérait plus le constructeur comme une entreprise purement canadienne..
Le président américain Donald Trump a annoncé qu’il ne comptait plus interdire les ventes d’avions produits par Bombardier aux États-Unis. Cette décision fait suite à une réévaluation de la nature de l’entreprise québécoise. Trump a précisé qu’il ne considérait plus Bombardier comme une société purement canadienne, en raison de sa présence industrielle et de ses emplois aux États-Unis. Cette volte-face intervient après des mois de tensions entre les deux pays, où Bombardier était accusé de profiter des avantages commerciaux du Canada tout en produisant une partie de ses avions sur le sol américain. La déclaration a été faite lors d’un rassemblement électoral à Wichita, dans le Kansas, un État où Bombardier emploie environ 3 500 salariés, dont 1 500 directement à Wichita, siège de sa division défense.
L’action de Bombardier a connu une hausse significative à la suite de l’annonce de Trump. Mardi midi, elle a gagné 9,10 $, soit une progression d’environ 3 %, pour atteindre 320,57 $. Cette réaction du marché reflète l’impact potentiel de la menace initiale de Trump sur les activités de l’entreprise. Bombardier est un constructeur québécois spécialisé dans les avions d’affaires et les avions régionaux. Aux États-Unis, l’entreprise emploie environ 3 500 personnes, réparties dans plusieurs États, mais principalement concentrées au Kansas. La division défense de Bombardier, basée à Wichita, joue un rôle clé dans cette présence américaine, avec 1 500 emplois locaux. Ces chiffres illustrent l’importance économique de Bombardier pour certaines régions américaines.
L’annonce de Trump intervient dans un contexte politique marqué par des tensions entre les États-Unis et l’Iran, qui ont eu des répercussions économiques, notamment sur les agriculteurs américains. La hausse des prix du diesel, liée à cette crise, a fragilisé l’économie du Kansas, un État traditionnellement dominé par les républicains (États rouges). À l’approche des élections de mi-mandat du 6 novembre, le Kansas est devenu un champ de bataille politique où démocrates et républicains se disputent le contrôle de l’État. Trump, en assouplissant sa position sur Bombardier, pourrait chercher à renforcer son soutien auprès des électeurs locaux, tout en évitant une crise économique qui affecterait davantage les travailleurs américains.
Le mois dernier, Trump avait menacé d’interdire les ventes de Bombardier aux États-Unis si l’entreprise ne délocalisait pas davantage ses opérations sur le sol américain. Cette menace s’inscrivait dans une logique de *protectionnisme économique*, où les États-Unis cherchent à favoriser les entreprises locales au détriment des concurrents étrangers. Cependant, les experts craignaient que cette décision ne se retourne contre les travailleurs américains, en particulier ceux de Bombardier, dont les emplois dépendent en partie des activités de l’entreprise sur le territoire américain. Trump a finalement reculé, estimant que les emplois créés par Bombardier aux États-Unis justifiaient une approche plus nuancée.

