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La Vérif : le cadre financier du PCQ passé au crible

ICI Radio-Canada · mis à jour 9 sept.

Le PCQ chiffre sa vision dans un cadre financier qui défie « le statu quo », aux dires d’Éric Duhaime..

Cadre financier du PCQ

Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, propose un cadre financier ambitieux pour les cinq prochaines années. Ce document détaille les recettes et les dépenses prévues, avec pour objectif principal de rétablir l’équilibre budgétaire de la province. Le PCQ mise sur des baisses d’impôts massives, estimées à 40 milliards de dollars, tout en promettant une réduction des dépenses publiques de 47 milliards de dollars. Selon Adrien Pouliot, porte-parole en économie du parti, ces baisses d’impôts stimuleraient l’économie grâce à un effet dynamique, réduisant ainsi le coût net pour l’État à 32,5 milliards de dollars. Cependant, cette approche repose sur des hypothèses économiques complexes, notamment la capacité à récupérer une partie des pertes fiscales via une croissance économique accrue.

Effets dynamiques des impôts

L’effet dynamique des baisses d’impôts désigne l’impact indirect de ces mesures sur l’économie. Selon la théorie économique, une réduction des impôts peut stimuler l’activité économique en incitant les entreprises et les particuliers à investir ou à consommer davantage. Cela pourrait, en théorie, compenser partiellement les pertes de revenus pour l’État. Adrien Pouliot du PCQ avance que la baisse de l’impôt sur les revenus des entreprises, par exemple, coûterait 23,2 milliards de dollars sur cinq ans, mais que l’État récupérerait 5,8 milliards grâce à cette stimulation économique, ramenant le coût net à 17,5 milliards. Cependant, Luc Godbout, expert en fiscalité à l’Université de Sherbrooke, souligne que ces effets sont difficiles à quantifier avec précision. Il met en garde contre une vision trop optimiste, car les effets négatifs, comme la diminution des recettes fiscales due à une baisse des profits des entreprises, ne sont pas pris en compte dans les calculs du PCQ.

Coupes budgétaires de 47 milliards

Pour financer ses baisses d’impôts, le PCQ prévoit une réduction drastique des dépenses de l’État, soit 47 milliards de dollars sur cinq ans. Adrien Pouliot affirme que ces coupes n’affecteront pas les services publics, mais cette affirmation est contestée. La vérificatrice générale du Québec (VGQ) indique dans un rapport préélectoral que des réductions aussi importantes entraîneraient inévitablement une diminution ou une fin du financement de certains programmes et activités. Cela pourrait avoir des conséquences sur les services offerts à la population, notamment à partir de 2028-2029. Luc Godbout ajoute que certaines coupes pourraient avoir des effets limités sur l’économie, mais que d’autres pourraient au contraire nuire à l’activité économique, ce qui n’est pas pris en compte dans les projections du PCQ.

Revenus du gaz naturel

Le PCQ prévoit générer 758 millions de dollars de revenus liés à l’exploitation du gaz naturel sur cinq ans, avec des recettes dès l’an prochain. Le parti justifie cette prévision par un projet de développement de la production de gaz naturel au Québec, visant à atteindre l’autonomie énergétique et à percevoir des redevances. Cependant, Pierre-Olivier Pineau, expert en énergie à HEC Montréal, juge ce scénario irréaliste. Il explique que le Québec interdit actuellement la production d’hydrocarbures, comme le gaz de schiste, et qu’il faudrait d’abord modifier cette réglementation. De plus, le Québec ne dispose d’aucune infrastructure de production de gaz naturel à grande échelle, ce qui rendrait nécessaire un déploiement rapide et massif, sans consultation publique. Même si ces obstacles étaient surmontés, l’acceptabilité sociale de cette exploitation reste très faible au Québec, selon Pineau.

Ce que ça pourrait changer

Le PCQ affirme que son cadre financier permettrait d’atteindre l’équilibre budgétaire malgré des baisses d’impôts historiques et des recettes incertaines, comme celles liées au gaz naturel. Adrien Pouliot reconnaît que l’acceptabilité sociale du développement du gaz naturel est un enjeu majeur, mais il maintient que même sans ces revenus, l’équilibre budgétaire serait atteint. Cependant, plusieurs experts remettent en question la faisabilité de ce plan. Luc Godbout souligne que les effets dynamiques des baisses d’impôts sont difficiles à estimer, tandis que Pierre-Olivier Pineau critique l’optimisme du PCQ concernant les revenus du gaz naturel. La vérificatrice générale du Québec ajoute que les coupes budgétaires de 47 milliards pourraient avoir des répercussions négatives sur les services publics, ce qui n’est pas intégré dans les projections du parti.

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