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Le Népal, une bombe à retardement climatique : 21 lacs glaciaires pourraient provoquer des catastrophes à leur tour

Science & Vie · mis à jour 27 août

Une étude recense 21 lacs glaciaires népalais potentiellement dangereux. Plusieurs pourraient inonder des dizaines de kilomètres carrés, quelques jours après la crue meurtrière survenue à la frontière tibétaine..

Népal sous haute menace

Le Népal, pays d'Asie du Sud, abrite 21 lacs glaciaires considérés comme des bombes à retardement climatiques. Ces lacs, formés par la fonte accélérée des glaciers himalayens due au réchauffement climatique, pourraient provoquer des catastrophes majeures. Leur situation géographique, en altitude dans la chaîne de l'Himalaya, les rend particulièrement dangereux : leur rupture pourrait libérer des millions de mètres cubes d'eau en quelques minutes, déclenchant des inondations dévastatrices en aval. Les scientifiques surveillent ces lacs depuis plusieurs années, car leur stabilité est menacée par l'augmentation des températures et les précipitations plus intenses. Le Népal, déjà vulnérable aux glissements de terrain et aux crues, voit ainsi son risque de catastrophe naturelle s'aggraver.

Fonte des glaciers accélérée

La fonte des glaciers himalayens au Népal s'accélère depuis plusieurs décennies, un phénomène directement lié au changement climatique. Les glaciers, masses de glace permanentes, jouent un rôle de réservoir d'eau douce, mais leur recul réduit cette capacité. Au Népal, la température moyenne a augmenté de 0,6°C par décennie depuis les années 1970, soit trois fois plus que la moyenne mondiale. Cette hausse entraîne une fonte plus rapide des glaces, qui alimente la formation de lacs glaciaires. Ces lacs, souvent retenus par des moraines (amas de roches et de débris glaciaires), deviennent instables à mesure que la glace fond et que les moraines s'affaiblissent. Les experts estiment que 21 de ces lacs présentent un risque élevé de rupture d'ici quelques années.

Risque de rupture catastrophique

La rupture d'un lac glaciaire, appelée Glacial Lake Outburst Flood (GLOF) en anglais, est un phénomène brutal et destructeur. Lorsque la pression de l'eau devient trop forte ou que la moraine cède, le lac se vide en quelques minutes, libérant un volume d'eau pouvant atteindre des millions de mètres cubes. Au Népal, un GLOF pourrait provoquer des inondations soudaines dans les vallées en aval, emportant villages, infrastructures et terres agricoles. Par exemple, en 2016, la rupture du lac Tso Rolpa a causé des dégâts matériels importants, bien que sans victime grâce aux systèmes d'alerte précoce. Les scientifiques estiment que 21 lacs népalais sont aujourd'hui dans un état critique, avec un risque élevé de GLOF.

Conséquences humaines et économiques

Les conséquences d'un GLOF au Népal seraient multiples et graves. D'abord, les pertes humaines pourraient être importantes si les populations en aval ne sont pas évacuées à temps, comme ce fut le cas lors du GLOF de 1985 qui a fait 200 morts. Ensuite, les dégâts matériels seraient colossaux : routes, ponts, cultures et habitations seraient détruits, fragilisant une économie déjà précaire. Le tourisme, secteur clé pour le Népal, serait également touché, car les sites naturels comme le parc national de l'Annapurna pourraient être endommagés. Enfin, la reconstruction coûterait des centaines de millions d'euros, un fardeau pour un pays où le PIB par habitant s'élève à environ 1 200 euros par an. Les autorités locales et internationales tentent de mettre en place des systèmes d'alerte, mais les moyens restent limités.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette menace, le Népal et la communauté internationale multiplient les efforts pour réduire les risques. Des systèmes de surveillance par satellite et des capteurs au sol permettent de suivre l'évolution des lacs glaciaires et de détecter les signes avant-coureurs d'une rupture. Par exemple, le projet *Glacier Lake Outburst Flood Risk Reduction* (GLOF II), financé par la Banque mondiale à hauteur de 30 millions de dollars, vise à renforcer les infrastructures et à sensibiliser les populations locales. Des travaux de drainage partiel des lacs les plus dangereux sont également réalisés pour réduire leur volume et leur pression. Cependant, ces mesures restent insuffisantes face à l'ampleur du phénomène, et les experts appellent à une action climatique mondiale pour limiter le réchauffement et ralentir la fonte des glaciers.

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