Le jour où un avion Concorde a suivi une éclipse solaire en vol supersonique
Bien avant l'éclipse de 2026, un autre événement similaire avait attiré l'attention. C'était en 1973 : l'éclipse a été suivie en vol par un avion Concorde pendant plus d'une heure et à plus de 2 000 kilomètres par heure..
Le 12 août 2026, un avion supersonique Concorde a réalisé une mission scientifique inédite en « poursuivant » une éclipse solaire totale. Grâce à sa vitesse de croisière supérieure à Mach 2 (soit plus de 2 400 km/h), l’appareil a pu prolonger la durée de l’éclipse visible depuis ses hublots. Normalement, une éclipse solaire totale dure quelques minutes au sol, mais à bord du Concorde, les passagers et les instruments ont pu observer ce phénomène pendant 74 minutes. Cette prouesse a permis d’étudier la couronne solaire, une partie de l’atmosphère du Soleil habituellement invisible depuis la Terre en raison de l’intense luminosité de notre étoile. Le Concorde, avion franco-britannique emblématique, a ainsi combiné transport de passagers et plateforme scientifique, marquant un épisode rare dans l’histoire de l’aviation et de l’astronomie.
Pour capturer des données précises lors de cette éclipse, le Concorde a été modifié avec des équipements spécifiques. Ses hublots classiques ont été remplacés par des hublots en quartz, un matériau transparent aux rayonnements ultraviolets et infrarouges, essentiels pour observer la couronne solaire. L’avion était également équipé d’instruments optiques et infrarouges, ainsi que de caméras embarquées. Ces outils permettaient d’enregistrer des images et des spectres lumineux de la couronne solaire, une région clé pour comprendre les mécanismes du Soleil, comme les éruptions solaires ou le vent solaire. Cette mission a démontré que les avions supersoniques pouvaient servir de laboratoires mobiles pour l’astronomie, une utilisation inhabituelle pour un appareil conçu pour le transport de passagers.
Le succès de cette mission a ouvert la voie à des vols commerciaux dédiés à l’observation des éclipses solaires, proposés aujourd’hui par certaines compagnies aériennes. Ces vols, souvent onéreux (plusieurs milliers d’euros par billet), permettent à des passionnés ou à des chercheurs de prolonger leur observation de l’éclipse. Cependant, ces initiatives sont aujourd’hui contestées pour leur impact écologique, en raison des émissions élevées de CO₂ liées à la consommation de carburant des avions supersoniques. Malgré cela, certains vols accueillent encore des scientifiques, qui y trouvent une opportunité unique d’étudier le Soleil sans les contraintes des observations au sol, comme les conditions météorologiques ou la durée limitée de l’éclipse.

