Midterms : Trump va-t-il payer le prix de sa politique étrangère ?
Entre la hausse des prix du pétrole provoquée par la guerre en Iran, l'échec de la paix en Ukraine, Donald Trump payera-t-il de sa politique étrangère lors des élections de mi-mandat ? Les sondages annoncent une percée des Démocrates mais comment le président réagira en cas de défaite ?.
Les midterms (élections de mi-mandat) américaines, prévues en novembre 2026, sont des scrutins intermédiaires qui ont lieu à mi-chemin du mandat présidentiel de quatre ans. Elles permettent d’élire tous les membres de la Chambre des représentants (435 sièges) et un tiers des sénateurs (33 ou 34 sièges selon les années), ainsi que des gouverneurs dans certains États. Ces élections sont souvent perçues comme un référendum sur la politique du président en place. En 2026, le président sortant est Donald Trump, et les sondages anticipent une percée des Démocrates, le parti opposé au sien. Ces élections pourraient donc affaiblir son pouvoir ou, au contraire, renforcer sa main en cas de victoire républicaine, selon les résultats.
Donald Trump, président des États-Unis depuis 2024, est connu pour une politique étrangère marquée par un unilatéralisme (préférence pour des actions menées seul, sans coordination avec les alliés traditionnels) et un scepticisme envers les organisations internationales. Parmi ses décisions récentes, on note son retrait de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018 (renégocié sous Biden), son soutien à des régimes controversés comme celui d’Arabie saoudite, et une approche transactionnelle des relations avec les partenaires européens. En 2026, sa politique est notamment critiquée pour son impact sur les prix du pétrole, en raison de tensions accrues avec l’Iran, et pour son rôle dans l’échec des négociations de paix en Ukraine.
La guerre en Iran, qui oppose ce pays à une coalition menée par les États-Unis et Israël depuis 2025, a provoqué une hausse des prix du pétrole. En octobre 2026, le baril de pétrole coûte environ 120 dollars, contre 70 dollars avant le conflit. Cette augmentation s’explique par les sanctions économiques imposées à l’Iran, qui perturbent l’offre mondiale, et par les craintes d’une escalade régionale. Les Américains ressentent directement cette hausse à la pompe : le prix moyen de l’essence atteint 4,50 dollars par gallon (soit environ 1,18 euro par litre), un niveau record qui pèse sur le pouvoir d’achat et alimente le mécontentement.
Les négociations de paix en Ukraine, où la guerre contre la Russie dure depuis 2022, restent au point mort en octobre 2026. Donald Trump est critiqué pour son approche jugée trop conciliante envers Vladimir Poutine, président russe. Il a notamment réduit l’aide militaire américaine à l’Ukraine, sous prétexte de négocier un cessez-le-feu, mais sans obtenir de concessions de Moscou. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dénoncé à plusieurs reprises cette stratégie, estimant qu’elle affaiblissait la position de son pays. Résultat : les combats se poursuivent, et la population ukrainienne subit toujours les conséquences humanitaires et économiques du conflit.
Les Républicains, parti de Donald Trump, défendent son bilan en mettant en avant des arguments comme la réduction des dépenses militaires à l’étranger ou la priorité donnée aux intérêts économiques américains. Ils soulignent aussi que les tensions internationales ne sont pas de la seule responsabilité des États-Unis et que d’autres acteurs, comme l’Union européenne ou la Chine, jouent un rôle clé. Cependant, certains élus républicains modérés commencent à exprimer des réserves, notamment sur l’impact de la politique étrangère sur l’économie domestique. Leur capacité à mobiliser l’électorat dépendra de leur capacité à convaincre que les choix de Trump servent les intérêts américains.
Si les Démocrates remportent les midterms en 2026, Donald Trump pourrait voir son pouvoir affaibli pour les deux dernières années de son mandat. Une défaite électorale limiterait sa capacité à imposer sa politique étrangère et pourrait relancer des enquêtes parlementaires sur ses décisions. À l’inverse, une victoire républicaine renforcerait sa légitimité et lui permettrait de poursuivre ses orientations, malgré les critiques. Les observateurs soulignent que l’électorat américain est particulièrement sensible aux questions économiques, et que la hausse des prix du pétrole ou l’échec en Ukraine pourraient peser lourd dans les urnes.
Deux experts sont interrogés dans l’article pour analyser la situation. Robert Malley, enseignant en relations internationales à l’université de Yale, a occupé des postes clés sous les présidents Clinton, Obama et Biden, notamment comme envoyé spécial pour l’Iran. Il apporte un éclairage sur les enjeux géopolitiques. Laurence Nardon, docteure en science politique et responsable du programme Amériques à l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales), analyse les répercussions de la politique étrangère américaine sur le plan intérieur et international. Leurs analyses visent à éclairer les électeurs sur les conséquences des choix de Trump.

