À l'intérieur de tombes vieilles de 2000 ans, des archéologues chinois ont découvert deux plateaux de jeu sculptés dans des briques
Les tombes chinoises de l'Antiquité regorgent de vaisselle, de miroirs et de modèles réduits destinés à servir les morts. Certains défunts emportaient aussi de quoi se distraire pour l'éternité.
Des archéologues chinois ont mis au jour deux plateaux de jeu sculptés dans des briques, à l'intérieur de tombes datant d'il y a environ 2000 ans. Cette trouvaille, réalisée dans la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine), date de la période des Trois Royaumes (220-280 après J.-C.), une époque marquée par des conflits militaires et des innovations culturelles. Les plateaux, bien conservés, présentent des motifs géométriques et des trous, suggérant qu'ils servaient à des jeux de stratégie ou de hasard. Leur présence dans des tombes indique qu'ils pouvaient avoir une signification rituelle ou symbolique, liée aux croyances funéraires de l'époque.
Les deux plateaux découverts mesurent environ 30 centimètres de long et sont sculptés dans des briques en argile cuite, un matériau courant dans l'artisanat chinois ancien. Leur surface est divisée en cases ou en motifs répétitifs, typiques des jeux de plateau traditionnels comme le liubo (六博), un jeu de stratégie populaire sous la dynastie Han (206 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.). Le liubo se jouait avec des dés et des pions, et était souvent associé à des pratiques divinatoires ou à des rituels. Les archéologues pensent que ces plateaux pourraient être des versions simplifiées ou adaptées de ce jeu, ou même des objets symboliques liés à des jeux locaux.
La découverte s'inscrit dans le cadre de fouilles menées dans la région du Sichuan, une zone riche en vestiges archéologiques liés à la culture des Trois Royaumes. Cette période, immortalisée par le roman Le Roman des Trois Royaumes, est connue pour ses avancées militaires, politiques et culturelles. Les tombes où les plateaux ont été trouvés appartenaient probablement à des élites locales, comme en témoignent les objets funéraires associés. Cette trouvaille éclaire un aspect méconnu de la vie quotidienne et des loisirs de l'époque, souvent éclipsé par les récits guerriers de cette ère.
La présence de ces plateaux dans des tombes suggère qu'ils avaient une valeur symbolique ou spirituelle pour les défunts. Dans la Chine ancienne, les jeux étaient parfois perçus comme des outils de méditation ou de connexion avec le divin. Les motifs géométriques pourraient aussi refléter des croyances liées à l'harmonie cosmique ou à la dualité *yin-yang*. Cette découverte offre ainsi un aperçu des pratiques culturelles et des divertissements des élites de l'époque, tout en soulignant l'importance des jeux dans la société chinoise ancienne.

