Regain de tensions autour du projet de connexion électrique sous-marin Grèce-Chypre-Israël
En assurant avoir obtenu une modification du tracé du Great Sea Interconnector (GSI), Ankara a relancé les tensions autour ce complexe dossier d’interconnexion électrique en Méditerranée. De leur côté, la Grèce et Chypre multiplient les achats d’armes israéliennes.
Le Great Sea Interconnector (GSI) est un projet d’interconnexion électrique sous-marin d’une longueur de 208 kilomètres, reliant la Grèce, Chypre et Israël. Son budget s’élève à près de 2 milliards d’euros. Ce câble sous-marin permettrait de transporter de l’électricité entre ces trois pays, en facilitant l’échange d’énergie renouvelable ou conventionnelle. Le projet est financé en partie par des fonds européens et implique des entreprises françaises comme Meridiam, qui détient 66 % du capital du GSI, et Nexans, chargée de la fabrication et de la pose du câble. La France joue donc un rôle central dans ce dossier, en tant qu’alliée de la Grèce et de Chypre.
La Turquie s’oppose fermement au projet GSI, estimant que les travaux prévus empiètent sur des zones maritimes qu’elle revendique comme faisant partie de son plateau continental. Le 1er octobre 2026, le porte-parole du ministère turc de la Défense a déclaré : « Aucune activité non autorisée ne sera tolérée sur notre plateau continental », selon le quotidien Cumhuriyet. Cette opposition s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre la Turquie et ses voisins grec et chypriote, notamment en mer Égée et en Méditerranée orientale. Ankara menace d’empêcher tout travail non autorisé, ce qui a déjà conduit à des modifications du tracé du câble pour éviter les zones contestées.
La France est un acteur clé du projet GSI, tant sur le plan financier qu’industriel. En août 2026, le groupe d’investissement français Meridiam a acquis 66 % du capital du GSI, devenant ainsi l’actionnaire majoritaire. Par ailleurs, l’entreprise française Nexans est chargée de fabriquer et de poser le câble sous-marin. Ces engagements français renforcent les liens entre Paris, Athènes et Nicosie, ce qui irrite la Turquie. Un navire français devait réaliser des relevés dans les zones maritimes contestées en octobre 2026, une opération qui pourrait exacerber les tensions avec Ankara.
La Turquie a réagi vivement aux modifications apportées au tracé du GSI, affirmant que la menace de ses avertissements a permis de faire plier les autres pays. Fin septembre 2026, le quotidien progouvernemental Hürriyet titrait : « La menace d’Ankara a fonctionné », soulignant que Paris et Athènes auraient amendé leur projet pour éviter les zones disputées. Malgré ces ajustements, les relations restent tendues, d’autant que la Grèce et Chypre multiplient leurs achats d’armes israéliennes, une décision qui provoque également la colère d’Ankara.
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte plus large de rivalités en Méditerranée orientale. La Grèce et Chypre, soutenues par Israël, cherchent à sécuriser des alliances énergétiques et militaires face à la Turquie. En parallèle, la France renforce ses liens avec ces pays, ce qui est perçu comme une provocation par Ankara. Les exercices militaires turcs en mer Égée, comme ceux observés en octobre 2025, illustrent cette dynamique de confrontation. Le projet GSI, initialement conçu pour favoriser la coopération énergétique, devient ainsi un symbole des rivalités géopolitiques dans la région.

