Hugo Duminil-Copin, mathématicien médaillé Fields : « L’IA a sorti une preuve d’une page, vraiment c’est une preuve magnifique, et pour ce collègue un travail de cinq ans était presque anéanti »
Une preuve mathématique générée par l'IA a réglé en un prompt un problème de percolation ouvert depuis trente ans. Elle tient sur une page et reprend un article signé par l'équipe doublée.
Le 8 octobre 2026, Hugo Duminil-Copin, mathématicien médaillé Fields et professeur à l’université de Genève, a révélé qu’une intelligence artificielle avait résolu en un seul prompt une conjecture mathématique ouverte depuis 1996. Cette conjecture, appelée conjecture de Benjamini-Schramm, porte sur la percolation, un concept qui décrit comment un liquide traverse un matériau poreux ou comment des changements brutaux se produisent dans la matière. Jusqu’alors, les IA échouaient sur des problèmes mathématiques complexes hors des exercices académiques. La preuve générée par l’IA tient sur une seule page et s’appuie sur un algorithme combinatoire, une méthode de résolution de problèmes basée sur des structures discrètes comme les graphes. Ce résultat a surpris la communauté mathématique, car il marque un tournant dans l’utilisation de l’IA pour résoudre des énigmes mathématiques anciennes.
Un chercheur, collègue de Duminil-Copin, avait travaillé pendant cinq ans sur cette conjecture avant que l’IA ne propose une solution. Il avait cosigné un article sur le sujet un an plus tôt, sans imaginer qu’une machine pourrait un jour le devancer. Sur les conseils d’un ami, il a soumis le problème à un modèle d’OpenAI, sans expérience préalable en rédaction de prompts (instructions données à une IA pour obtenir un résultat précis). L’IA a repris un algorithme combinatoire mentionné dans l’article, mais non exploité par l’équipe, et l’a adapté pour couvrir l’intégralité de la conjecture. Le chercheur a d’abord gardé le silence pendant plusieurs semaines pour analyser la solution avant de la rendre publique, afin d’éviter toute confusion ou malentendu sur la validité du résultat.
La preuve générée par l’IA se distingue par sa concision : elle tient sur une seule page et présente un raisonnement clair et structuré. Hugo Duminil-Copin la qualifie de magnifique, une appellation réservée aux démonstrations particulièrement élégantes et ingénieuses dans le milieu mathématique. Ces preuves sont comparées au livre imaginé par le mathématicien Paul Erdős, un recueil hypothétique regroupant les démonstrations parfaites. Cependant, l’article souligne que des preuves plus massives et détaillées pourraient suivre pour valider ou compléter ce résultat. Malgré la rapidité de l’IA, le travail des chercheurs humains n’est pas devenu obsolète : leur contribution a servi de base à l’algorithme utilisé par la machine.
Ce cas n’est pas isolé : dès l’été 2026, d’autres conjectures mathématiques majeures ont été résolues grâce à l’IA, comme la *conjecture thêta de p c* en percolation. Ces avancées illustrent une tendance où les outils d’intelligence artificielle, autrefois cantonnés à des tâches répétitives, commencent à rivaliser avec l’expertise humaine dans des domaines aussi complexes que les mathématiques pures. Hugo Duminil-Copin décrit cette intrusion des machines comme un *premier choc* pour les chercheurs, qui doivent désormais intégrer ces nouvelles méthodes dans leur travail. Les mathématiciens, comme les autres scientifiques, voient leur rôle évoluer face à ces outils capables de proposer des solutions en un temps record, tout en soulevant des questions sur la propriété intellectuelle et la reconnaissance du travail humain.

