Un adolescent de treize ans découvre qu’il a un levier de frein de vélo coincé dans son dos depuis trois ans et subit une opération pour sauver sa jambe
Un objet peut rester des années dans l'organisme sans éveiller le moindre soupçon. Parfois, une simple douleur à la jambe suffit pourtant à révéler sa présence, loin de son point d'entrée.
En octobre 2026, des chirurgiens de l’hôpital pédiatrique Bambino Gesù à Rome ont retiré un levier de frein de vélo de 5,5 centimètres logé dans la colonne vertébrale d’un adolescent de 13 ans. Cet objet, présent depuis trois ans, avait été perdu lors d’une chute à vélo vers l’âge de 10 ans. Après avoir traversé le flanc gauche du garçon, il s’était enfoncé jusqu’à la région lombaire, près des nerfs. Ce corps étranger est resté silencieux pendant trois ans, sans provoquer de douleur ni de symptôme visible, avant qu’une radiographie ne le révèle lors d’un examen pour des douleurs à la jambe. L’objet s’était immobilisé contre une racine nerveuse, entouré d’une gaine de tissu fibreux qui l’avait isolé des organes voisins.
Le levier de frein est entré dans le corps du jeune garçon par une petite plaie au flanc gauche, puis a migré lentement jusqu’à se bloquer contre le trou de conjugaison entre les troisième et quatrième vertèbres lombaires. Ce canal est le passage par lequel les racines nerveuses quittent la colonne vertébrale pour rejoindre les membres. Le fragment métallique, long de 5,5 centimètres, s’est arrêté avec sa pointe dirigée vers ce canal, sans jamais léser le nerf directement. Avec le temps, une enveloppe de tissu cicatriciel s’est formée autour de lui, limitant les risques d’inflammation ou de compression des organes voisins. Ce n’est que lorsque la pointe du levier a touché le nerf que des douleurs aux jambes sont apparues.
L’opération, menée par une équipe de neurochirurgiens et d’orthopédistes dirigée par le docteur Leonardo Oggiano et le docteur Pier Francesco Costici, a duré trois heures. Les chirurgiens ont pratiqué une neurolyse, c’est-à-dire la libération minutieuse du nerf coincé contre le levier et les tissus cicatriciels. Une incision a été réalisée dans le bas du dos pour accéder à la zone lombaire. Un suivi électrique en temps réel a permis de vérifier que le nerf fonctionnait correctement à chaque étape de l’intervention. Le levier a été retiré intact, sans endommager le nerf ni les structures environnantes. L’adolescent s’est levé dès le lendemain de l’opération et a quitté l’hôpital quelques jours plus tard sans séquelle.
Le cas de cet adolescent illustre la capacité du corps humain à s’adapter à la présence d’un corps étranger pendant une longue période. Pendant trois ans, le levier de frein est resté dans la colonne vertébrale sans provoquer de symptômes majeurs. Deux facteurs expliquent cette absence de réaction : d’abord, la migration lente de l’objet, qui a évité une compression brutale des nerfs, et ensuite, la formation d’une gaine de tissu fibreux autour de lui, agissant comme un étui protecteur. Ce phénomène montre que le corps peut parfois isoler et tolérer des objets étrangers pendant des années, même dans des zones sensibles comme la colonne vertébrale.
L’intervention a permis à l’adolescent de récupérer rapidement et sans séquelle. Dès le lendemain de l’opération, il a pu se lever, et après quelques jours d’hospitalisation, il est sorti de l’hôpital. Les contrôles postopératoires n’ont révélé aucun dommage neurologique ni physique. Pour les chirurgiens, ce cas souligne l’importance d’une prise en charge rapide et précise des corps étrangers dans le corps, même lorsque ceux-ci sont présents depuis longtemps. L’opération a été réalisée avec succès grâce à une technologie de suivi électrique en temps réel, garantissant la préservation des fonctions nerveuses.

