L’Iran exerce-t-il toujours un contrôle sur le détroit d’Ormuz ?
Les flux pétroliers en provenance du Moyen-Orient sont presque revenus à leur niveau d’avant-guerre L’article L’Iran exerce-t-il toujours un contrôle sur le détroit d’Ormuz ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Depuis le 28 février 2026, une guerre oppose Israël et les États-Unis à l’Iran, ce qui a profondément perturbé la stabilité du Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique située entre l’Iran et Oman, est particulièrement concerné car il permet le passage d’environ 20 à 30 % du pétrole mondial. Historiquement, l’Iran a toujours cherché à contrôler cette zone pour peser sur les marchés énergétiques et sécuriser ses intérêts. Cependant, la reprise progressive des flux pétroliers depuis le début de la guerre suggère que son influence pourrait s’affaiblir.
Avant la guerre, le Moyen-Orient exportait environ 25 millions de barils de pétrole par jour. Aujourd’hui, selon le directeur général de Shell, Wael Sawan, ces flux ne représentent plus que 80 % de leur niveau d’avant-guerre, soit environ 20 millions de barils par jour. Les données de l’entreprise Kpler indiquent même un niveau de 92 % pour la dernière semaine de septembre 2026. Ces chiffres montrent une reprise partielle, mais l’Iran peine à retrouver son contrôle total sur le détroit, contrairement aux premières semaines de la guerre où il avait réussi à perturber significativement le trafic.
Pour contourner les restrictions imposées par l’Iran dans le détroit d’Ormuz, plusieurs solutions ont été mises en place. D’abord, l’armée américaine escorte désormais les navires commerciaux, assurant leur sécurité dans la région. Ensuite, des pétroliers-navettes sont utilisés : ces navires traversent le détroit pour transférer leur cargaison vers d’autres bateaux dans le golfe d’Oman, évitant ainsi les zones à risque. Enfin, des itinéraires alternatifs comme l’oléoduc saoudien Est-Ouest permettent d’exporter du pétrole vers la mer Rouge, contournant totalement le détroit. Cet oléoduc, capable de transporter jusqu’à 7 millions de barils par jour, achemine désormais 5,8 millions de barils, soit près de sa capacité maximale.
Sous la pression d’une crise économique aggravée par les sanctions internationales et les conséquences de la guerre, l’Iran multiplie les attaques contre les navires dans le détroit d’Ormuz et le golfe d’Aden depuis le 2 octobre 2026. Selon les United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO), une organisation britannique chargée de surveiller la sécurité maritime, au moins une attaque par jour a été recensée dans ces zones. Depuis le 28 septembre, ce sont 11 pétroliers qui ont été ciblés, illustrant la tentative iranienne de réaffirmer son influence malgré un affaiblissement de sa position.
La reprise partielle des flux pétroliers maintient le prix du baril de *Brent* autour de 100 dollars, un niveau 50 à 55 % plus élevé qu’avant le début de la guerre. Cette instabilité contribue à maintenir des prix élevés, ce qui impacte les économies mondiales. Par ailleurs, les flux de *produits raffinés* comme l’essence ou le diesel restent inférieurs de 40 % à leur niveau d’avant-guerre, selon les estimations de JPMorgan fin septembre 2026. Ces déséquilibres montrent que, malgré les efforts iraniens, la région reste sous tension, avec des répercussions sur les marchés énergétiques internationaux.

