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Généraliste

Baisser les impôts pour augmenter les revenus?

Le Devoir · mis à jour 23 sept.

Certains partis comptent sur les effets indirects de leurs engagements pour engranger des revenus..

Impôts et campagnes électorales

Plusieurs partis politiques québécois promettent de réduire les impôts des entreprises lors des élections de 2026. Parmi eux, la Coalition avenir Québec, le Parti libéral du Québec et Québec solidaire n’intègrent pas explicitement dans leurs propositions les effets dynamiques positifs que pourraient engendrer ces baisses d’impôts. Ces effets désignent les conséquences indirectes sur l’économie, comme une hausse de l’investissement ou de l’emploi. À l’inverse, le Parti québécois (PQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ) intègrent ces effets dans leurs calculs financiers. Le Québec, comme d’autres régions, est concerné par ces débats sur la fiscalité, qui influencent directement les recettes de l’État et la santé économique.

Mécanisme des baisses d'impôts

Une baisse des impôts des entreprises réduit immédiatement les revenus de l’État, car le taux d’imposition diminue tandis que la base fiscale (le montant total des profits imposables) reste inchangée. Cependant, à plus long terme, cette mesure peut stimuler l’économie. Selon Dalibor Stevanovic, économiste à l’Université du Québec à Montréal, une réduction des impôts sur les sociétés abaisse le coût du capital pour les entreprises, ce qui les incite à investir davantage. Ces investissements augmentent la productivité, la production, l’emploi et les salaires, ce qui élargit à son tour la base fiscale. L’État pourrait ainsi percevoir plus de revenus, malgré un taux d’imposition réduit. C’est ce qu’on appelle un effet dynamique positif.

Effets dynamiques incertains

L’ampleur des effets dynamiques positifs reste très débattue parmi les experts. Dalibor Stevanovic souligne que personne ne peut affirmer avec certitude si ces effets seront suffisamment forts pour compenser la perte de revenus à court terme. Emna Braham, directrice générale de l’Institut du Québec, précise que les modèles économiques actuels se basent surtout sur des facteurs comme la démographie ou la structure industrielle, et non sur des simulations précises de ces effets. Sans modèle spécifique, il est difficile de prédire l’impact réel d’une baisse d’impôts sur les finances publiques à long terme.

Projections des partis politiques

Le Parti québécois (PQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ) intègrent des effets dynamiques positifs dans leurs projections financières. Le PQ estime que la baisse de l’impôt sur le revenu des sociétés pourrait générer près de 1,4 milliard de dollars de revenus supplémentaires d’ici 2030-2031. Pour le PCQ, une réduction du taux de l’impôt des sociétés coûterait 23,28 milliards sur quatre ans, mais les effets dynamiques compenseraient partiellement cette perte en générant 5,82 milliards de gains, pour un coût net de 17,46 milliards. Ces chiffres illustrent l’hypothèse d’un retour sur investissement fiscal à long terme.

Ce que ça pourrait changer

La *Chaire en fiscalité et en finances publiques* (CFFP) de l’*Université de Sherbrooke* met en garde : si une baisse d’impôts peut avoir des *effets dynamiques positifs*, d’autres mesures pourraient avoir des conséquences inverses. Par exemple, le retrait de subventions aux entreprises pourrait entraîner des *effets dynamiques négatifs*, comme une baisse de l’investissement ou de l’emploi. La CFFP souligne que les partis politiques, en incluant des effets positifs dans leurs calculs, omettent souvent de considérer ces risques. Cette asymétrie dans l’analyse peut fausser les projections financières et sous-estimer les coûts réels des réformes fiscales.

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