Fin de l’épidémie de rougeole après deux ans et des milliers de cas partout au Canada
En tout, 6400 personnes ont été contaminées dans 10 provinces..
L’Agence de la santé publique du Canada a annoncé la fin d’une épidémie de rougeole qui a duré deux ans et touché plus de 6 400 personnes dans 10 provinces canadiennes. Cette épidémie, qui a débuté au Nouveau-Brunswick en octobre 2024, a entraîné la perte du statut d’élimination de la rougeole au Canada, car la maladie s’est transmise de manière continue pendant plus de 12 mois. La rougeole est une maladie virale extrêmement contagieuse, transmise par l’air ou par contact direct avec une personne infectée. Elle se manifeste par de la fièvre, une toux, un écoulement nasal, des yeux rouges et une éruption cutanée. Dans les cas graves, elle peut provoquer des complications comme des pneumonies ou des encéphalites (inflammations du cerveau), et peut être mortelle, notamment pour les nourrissons ou les personnes immunodéprimées.
L’épidémie a causé le décès de deux nourrissons, l’un en Ontario et l’autre en Alberta, qui avaient contracté la rougeole in utero (c’est-à-dire avant leur naissance). Ces cas illustrent la gravité de la maladie, surtout pour les populations vulnérables comme les nouveau-nés, qui ne peuvent pas encore être vaccinés. La Dre Joss Reimer, administratrice en chef de la santé publique du Canada, a souligné que même si l’épidémie est terminée, la rougeole n’a pas disparu. Elle a rappelé que la maladie circule encore à l’échelle mondiale et que des cas liés aux voyages internationaux pourraient survenir au Canada. La Dre Reimer a également précisé que la fin de l’épidémie ne signifie pas un retour automatique du statut d’élimination de la rougeole pour le Canada.
Les experts en maladies infectieuses ont attribué le retour de la rougeole à plusieurs facteurs. D’abord, une baisse des taux de vaccination, c’est-à-dire une diminution du pourcentage de la population vaccinée contre cette maladie. Ensuite, une réticence à la vaccination, souvent alimentée par la désinformation (fausses informations diffusées sur les vaccins) et une méfiance envers les autorités sanitaires. Enfin, les perturbations des campagnes de vaccination de routine pendant la pandémie de COVID-19 ont joué un rôle. La rougeole est une maladie évitable grâce à un vaccin sûr et efficace, mais son efficacité dépend d’un taux de vaccination élevé dans la population. Une couverture vaccinale insuffisante permet au virus de circuler plus facilement.
Le Canada ne pourra retrouver son statut de pays ayant éliminé la rougeole qu’après avoir interrompu la transmission de la souche de rougeole responsable de cette épidémie pendant au moins 12 mois consécutifs. L’élimination de la rougeole signifie que la maladie ne circule plus de manière endémique (permanente) dans le pays, mais des cas importés (liés à des voyages) peuvent toujours survenir. Plusieurs provinces, comme l’Ontario, l’Alberta, le Manitoba et le Québec, ont déjà déclaré la fin de leurs épidémies locales. Au Québec, le dernier cas confirmé en laboratoire remontait à août 2025, avec un total de 28 cas. La fin de cette épidémie ne rétablit pas automatiquement le statut d’élimination, mais elle marque une étape importante dans la lutte contre la maladie.
Malgré la fin de cette épidémie, la Dre Joss Reimer a averti que la rougeole continue de circuler à l’échelle mondiale. Les voyages internationaux pourraient donc introduire de nouveaux cas au Canada, surtout dans les régions où la couverture vaccinale est faible. Les experts soulignent l’importance de maintenir des taux de vaccination élevés pour éviter de nouvelles flambées. La rougeole reste une menace, car elle est l’une des maladies les plus contagieuses au monde. Une personne infectée peut contaminer jusqu’à 15 à 20 autres personnes en l’absence de vaccination. Les autorités sanitaires recommandent donc de vérifier et de compléter son calendrier vaccinal, notamment pour les voyageurs et les populations à risque.

