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Environnement

«Je ne suis pas sûre que faire mieux permette d’éviter le réchauffement climatique» : en Gironde, Marine Le Pen prône l’inaction

Vert.eco · mis à jour il y a 2 j

Jeudi, pour son premier déplacement de campagne, Marine Le Pen a rendu visite aux victimes du mégafeu qui a meurtri la Gironde en juillet dernier. La candidate à l'élection présidentielle a repoussé à plus tard ses propositions pour lutter contre le réchauffement climatique, tout en relayant des discours favorisant l’inaction..

Contexte du mégafeu

En juillet 2026, un mégafeu a ravagé 42 000 hectares en Gironde, le plus grand incendie en superficie en France depuis 1949. Ce sinistre a détruit 250 maisons et emporté plus de 180 habitations dans la commune du Porge, située près du bassin d’Arcachon. Le paysage, marqué par des pins maritimes entièrement noircis mais encore debout, illustre l’ampleur des dégâts. Ce phénomène s’inscrit dans une tendance inquiétante : les mégafeux deviennent plus intenses et plus fréquents en raison du changement climatique. En 2022, un autre incendie en Gironde avait déjà détruit près de 20 000 hectares. La sécheresse et les canicules répétées de l’été 2026 ont aggravé la situation, compliquant le travail des pompiers pour contenir les flammes.

Visite de Marine Le Pen

Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) à l’élection présidentielle de 2026, a choisi le Porge, commune sinistrée par le mégafeu, pour son premier déplacement de campagne. Ce choix surprend, car le RN est généralement peu prolixe sur les questions écologiques. Lors de son discours de rentrée, Marine Le Pen avait critiqué les normes environnementales, sans aborder directement le réchauffement climatique. Le parti n’a toujours pas de volet écologique clair dans son programme, malgré un livret programmatique annoncé en 2023 par Andréa Kotarac, porte-parole actuel de la campagne, mais jamais publié. Lors de sa visite, Marine Le Pen a rencontré une dizaine de sinistrés triés par le parti, dans une maison du Porge, en présence de la presse.

Position du RN sur le climat

Lors de son déplacement, Marine Le Pen a adopté une position ambivalente sur le réchauffement climatique. Elle a reconnu que ce phénomène rend les catastrophes naturelles, comme les mégafeux, plus fréquentes, mais elle a aussi minimisé la responsabilité de la France en affirmant que ce problème est mondial. Elle a ajouté que la France est un des pays les plus vertueux en matière d’écologie, une affirmation contestée par les données : la France fait partie des dix nations ayant émis le plus de CO2 depuis la révolution industrielle. Marine Le Pen a également adopté un discours fataliste en déclarant : « Je ne suis pas sûre que faire mieux permette d’éviter ce réchauffement climatique. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut s’y adapter. » Elle a annoncé qu’un dispositif pour gérer ces catastrophes serait présenté après la présidentielle, sans préciser son contenu.

Critiques et polémiques

La visite de Marine Le Pen au Porge a suscité des réactions contrastées. Certains habitants, comme Christine Sirot, soutiennent la candidate, tandis que d’autres, comme Béatrice, une fonctionnaire territoriale de 56 ans, ont manifesté leur opposition en criant : « On ne veut pas que le RN viennent danser sur nos cendres ! » Béatrice a critiqué le RN, l’accusant de climatoscepticisme et de ne proposer aucune solution concrète, si ce n’est l’installation de climatisations pour faire face aux canicules. Par ailleurs, le maire du Porge a refusé de prêter une salle pour que Marine Le Pen rencontre des agriculteurs, des élus et des chefs d’entreprises, contraignant le RN à se rabattre sur la commune voisine du Temple. Marine Le Pen a dénoncé ce refus comme un mauvais comportement.

Gestion des incendies

Plusieurs habitants du Porge ont exprimé leur colère face à la gestion des incendies, notamment Frédéric Biard, dont la maison a été détruite après trois appels infructueux aux pompiers. Il a souligné que les secours n’étaient pas venus à temps, attribuant cette défaillance à un problème de commandement plutôt qu’aux pompiers eux-mêmes. Marine Le Pen a relayé ces témoignages en critiquant les normes et les élites qui, selon elle, imposent des règles bureaucratiques aux forestiers, alors que ces derniers savaient gérer leur forêt autrefois. Elle a proposé de travailler à un dispositif complet pour gérer les catastrophes naturelles, sans en préciser les contours. Le responsable des pompiers girondins, Marc Vermeulen, a démenti les accusations d’abandon du Porge au profit de la commune voisine de Lège-Cap-Ferret, où se trouvent des maisons plus aisées.

Ce que ça pourrait changer

Le RN a choisi la Gironde pour son meeting de rentrée en 2025 et pour ce déplacement en 2026, un département historiquement faible pour le parti mais où le vote frontiste progresse. Edwige Diaz, députée RN et candidate aux élections sénatoriales de septembre 2026, était présente lors de la visite. Le RN mise sur ce territoire pour élargir son électorat, alors que la Gironde n’est plus considérée comme une *forteresse gauchiste imprenable*. Marine Le Pen a utilisé cette visite pour recueillir des idées et des témoignages, tout en évitant de s’engager sur des mesures concrètes. Le parti continue de promouvoir un discours anti-normes et anti-élites, tout en restant flou sur ses propositions écologiques, malgré les critiques sur son manque de programme.

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