Éco-score des voitures électriques : une révision du calcul pourrait entraîner un vrai chamboule-tout
Un projet de révision de l'éco-score est en réflexion au sein du gouvernement pour créer une troisième catégorie dédiée aux véhicules électriques 7 places. Ce cadeau pour les véhicules familiaux cache en réalité un durcissement assez lourd de conséquences pour les autres..
L’éco-score est une note attribuée aux véhicules électriques en France pour évaluer leur impact environnemental global, de leur fabrication à leur utilisation. Cette note influence l’attribution du bonus écologique (aide financière pour l’achat d’une voiture propre) et de l’AEN (Autorisation d’Exploitation Normale), un label qui permet de circuler sans restriction dans certaines zones. Actuellement, le calcul de l’éco-score prend en compte des critères comme l’autonomie, la consommation d’énergie ou encore l’origine de l’électricité utilisée. Cependant, une révision de cette méthode est envisagée pour 2026, ce qui pourrait modifier radicalement les notes attribuées à certaines voitures électriques.
La révision de l’éco-score introduirait de nouveaux critères, notamment l’empreinte carbone de la batterie et la durabilité des matériaux utilisés. Ces changements pourraient pénaliser les véhicules dont les batteries sont produites avec des procédés très émetteurs de CO₂ ou dont les matériaux sont difficiles à recycler. Par exemple, une voiture électrique dont la batterie nécessite l’extraction de métaux rares en grande quantité pourrait voir son éco-score baisser significativement. Cette modification vise à rendre l’éco-score plus strict et plus représentatif de l’impact réel des véhicules sur l’environnement, mais elle risque aussi de priver certains modèles de leurs avantages fiscaux actuels.
Si la révision de l’éco-score est appliquée, plusieurs modèles de voitures électriques pourraient perdre leur éligibilité au bonus écologique (jusqu’à 7 000 € en France) ou à l’AEN. Parmi les véhicules concernés, on cite des modèles populaires comme la Peugeot e-308 ou la Renault Mégane E-Tech, dont les éco-scores actuels pourraient chuter sous les nouveaux critères. Cette perte d’aides rendrait ces voitures moins attractives financièrement, alors qu’elles étaient jusqu’ici considérées comme des alternatives écologiques avantageuses. Les constructeurs automobiles pourraient donc devoir adapter leur stratégie de production ou de commercialisation pour maintenir l’accès à ces aides.
Les constructeurs automobiles, comme Peugeot ou Renault, sont en première ligne face à cette révision. Certains pourraient être contraints de revoir la conception de leurs véhicules pour améliorer leur éco-score, par exemple en utilisant des batteries moins polluantes ou des matériaux plus durables. D’autres pourraient contester la nouvelle méthode de calcul, arguant que les critères ne reflètent pas toujours la réalité de leur impact environnemental. Par exemple, une voiture électrique dont la batterie est produite en Europe avec une électricité majoritairement renouvelable pourrait être pénalisée si l’éco-score ne prend pas en compte cette nuance géographique.
Pour les consommateurs, cette révision de l’éco-score pourrait entraîner une hausse des prix d’achat pour certains modèles de voitures électriques, ou du moins une réduction des aides disponibles. Les acheteurs devront donc comparer plus attentivement les éco-scores des véhicules avant de faire leur choix, en tenant compte des nouvelles règles. Par ailleurs, cette situation pourrait freiner l’adoption des voitures électriques en France, alors que le gouvernement cherche justement à accélérer la transition vers des transports plus propres. Les décideurs politiques pourraient donc devoir ajuster leurs critères pour éviter un contrecoup sur le marché.

